Trump juge que l'Iran prend trop de temps à négocier et va "en payer le prix"
information fournie par AFP 10/06/2026 à 14:03

Un véhicule militaire israélien patrouille sur la route du nord dans la Haute Galilée, à la frontière avec le Liban, le 9 juin 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Donald Trump a jugé mercredi que l'Iran avait été trop long à négocier et allait désormais "en payer le prix", un nouveau revirement du président américain qui avait promis la veille un accord imminent avec Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

"Ils ont mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux, maintenant ils vont devoir en payer le prix", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Mardi pourtant, il avait annoncé un "très très bon accord" à venir sous "deux à trois jours".

Mais les espoirs permis par cette déclaration ont vite été douchés par de nouveaux échanges de tirs tôt mercredi, à la veille du coup d'envoi d'une Coupe du monde de football à la saveur particulière, où la sélection iranienne jouera sur le sol américain.

L'Iran a lancé des missiles et drones vers ses voisins du Golfe et la Jordanie en réponse à des frappes américaines sur l'Iran, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

La diplomatie "est mise à mal par le recours à la force", a déclaré mercredi le ministère iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, dénonçant les "messages contradictoires" de Washington et ses "violations répétées du cessez-le-feu" conclu le 8 avril.

L'Iran venait de revendiquer des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l'armée a affirmé faire face à "des cibles aériennes hostiles" sans préciser leur provenance.

Les autorités à Bahreïn ont dit avoir intercepté plusieurs attaques, tandis que l'armée jordanienne a assuré avoir détruit cinq missiles qui ciblaient la localité d'Azraq, où se situe une base américaine.

Extrêmement préoccupée"

Le président américain Donald Trump s’adresse à la presse avant de monter à bord d’Air Force One, avant son départ de l’aéroport international John-F.-Kennedy, à New York, le 9 juin 2026 ( AFP / SAUL LOEB )

Avant cela, Donald Trump avait prévenu qu'il devrait "nécessairement répliquer" après qu'un hélicoptère américain survolant le détroit d'Ormuz a été abattu lundi. L'Iran n'a pas évoqué l'attaque mais a cependant semblé vouloir la minimiser.

"Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques, en raison de leurs propres erreurs humaines, de simples accidents ou de la possibilité d'être prises dans des tirs croisés. Pour réduire ce risque, la meilleure solution est qu'elles partent", a écrit M. Araghchi sur X.

Des soldats israéliens patrouillent en Haute-Galilée, à la frontière avec le Liban, le 9 juin 2026 ( AFP / Jalaa MAREY )

Les frappes américaines en représailles ont notamment ciblé dans la nuit les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran dans le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran. Deux réservoirs ont été détruits, privant 20.000 habitants d'eau potable selon la télévision d'Etat.

L'agence martime britannique UKMTO a rapporté qu'un pétrolier était en feu au large d'Oman et fait état d'une victime et deux disparus, après que le bâtiment a été "touché par un missile" selon l'équipage.

"Extrêmement préoccupée", la Russie a appelé à "la retenue et à une cessation immédiate des attaques armées". La Chine, tout aussi "profondément préoccupée", a réclamé "des mesures concrètes pour apaiser les tensions" et "stopper l'escalade".

Mission de l'ONU au Liban

De la fumée s’élève à la suite d’une frappe aérienne israélienne sur Tyr, le 9 juin 2026, où les habitants, y compris le quartier chrétien, ont fui. ( AFP / KAWANT HAJU )

Les attaques réciproques entre l'Iran et Israël avaient repris dimanche et lundi, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du fragile cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran le 8 avril.

L'Iran, qui avait frappé en premier en réponse à des bombardements à Beyrouth, exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe le Liban, où s'affrontent depuis le 2 mars son allié du Hezbollah et Israël.

Donald Trump avait exhorté les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités. Il cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, qu'il a déclenché aux côtés d'Israël le 28 février. Téhéran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'avait ensuite imité.

Plus de 3.600 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la guerre. Mercredi, l'ONU a annoncé l'envoi d'une mission dans le pays pour enquêter sur les violations des droits humains commises.

Sur place, une frappe a tué mercredi deux personnes à bord d'une voiture dans le centre de Saïda, grande ville côtière et porte du sud du Liban.

Encore plus au sud, Tyr et ses environs restent pilonnés sans relâche par l'armée israélienne. Les bombardements ont fait au moins 11 morts mardi, selon les autorités libanaises.