Trump demande à l'Australie d'accorder l'asile à l'équipe féminine iranienne de football
information fournie par Reuters 09/03/2026 à 17:39

(Actualisé avec confirmation de la prise en charge de cinq joueuses par le Premier ministre australien §6-7)

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que l'Australie commettait "une terrible erreur humanitaire" en autorisant le renvoi dans leur pays de l'équipe nationale féminine iranienne de football, et a appelé le Premier ministre australien à accorder l'asile aux membres de l'équipe.

Les Iraniennes ont débuté la Coupe d'Asie, organisée par l'Australie, au moment même où les États-Unis et Israël lançaient des frappes aériennes sur l'Iran, tuant le guide suprême de la République islamique Ali Khamenei. L'équipe d'Iran a été éliminée dimanche après avoir perdu contre les Philippines (2-0).

"L'Australie commet une terrible erreur humanitaire en permettant que l'équipe nationale féminine de football iranienne soit renvoyée de force en Iran, où elle sera très probablement tuée", a déclaré Donald Trump sur son réseau social Truth Social. "Les États-Unis les accueilleront si vous ne le faites pas."

L'ambassade d'Australie à Washington n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires concernant les propos du président américain.

Selon la chaîne australienne SBS News, cinq joueuses de l'équipe féminine iranienne de football se sont "échappées" et se trouvent désormais sous la protection de la police fédérale australienne, sollicitant l'aide du gouvernement.

SBS News a ajouté que des sources gouvernementales avaient confirmé ces informations et que le ministre australien de l'Intérieur Tony Burke avait rencontré ces femmes à Brisbane.

Donald Trump s'est entretenu avec le Premier ministre australien Anthony Albanese, qui lui a confirmé que cinq joueuses avaient été prises en charge.

REFUS DE CHANTER L'HYMNE

"Cinq ont déjà été prises en charge, et les autres sont en route", a déclaré Donald Trump dans un message publié sur Truth Social après s'être entretenu avec Anthony Albanese.

"Certaines, cependant, estiment qu'elles doivent rentrer car elles s'inquiètent pour la sécurité de leur famille, notamment en raison des menaces qui pèsent sur les membres de leur famille si elles ne rentrent pas."

FIFPRO, le syndicat international des joueurs, a déclaré lundi matin qu'il était très inquiet pour le bien-être de l'équipe, alors que celle-ci s'apprêtait à rentrer en Iran après avoir été qualifiée de "traîtres en temps de guerre" pour son refus de chanter l'hymne national avant un match.

La décision des joueuses de garder le silence pendant l'hymne iranien avant leur premier match contre la Corée du Sud avait été qualifiée de "comble du déshonneur" par un commentateur de la télévision d'État.

L'équipe a ensuite chanté l'hymne avant sa deuxième rencontre, face à l'Australie, suscitant la crainte parmi les défenseurs des droits humains que les joueuses aient été contraintes de le faire par les responsables gouvernementaux.

Interrogé sur la possibilité que l'Australie accorde l'asile aux joueuses, le ministre adjoint des Affaires étrangères et du Commerce Matt Thistlethwaite a répondu que le gouvernement ne pouvait "se prononcer sur des cas individuels pour des raisons de confidentialité".

(Reportage de Katharine Jackson et Michelle Nichols, version française Vincent Daheron, édité par Blandine Hénault et Benoit Van Overstraeten)