Trump au Capitole en mode contre-attaque information fournie par AFP 24/02/2026 à 23:01
Bousculé par la Cour suprême, malmené dans les sondages, Donald Trump va vouloir contre-attaquer mardi soir au Capitole avec un "discours sur l'état de l'Union" qui sera aussi une harangue de campagne, quelques mois avant des législatives cruciales.
Habitué à gouverner sans entraves, le républicain de 79 ans verrait sa marge de manoeuvre considérablement réduite si son parti perdait le contrôle du Congrès en novembre lors des "midterms".
Dans l'hémicycle, les élus conservateurs de la Chambre des représentants et du Sénat jaugeront ce chef à l'impopularité croissante mais qu'ils n'osent jusqu'ici pas contredire, à de rares exceptions près.
Plusieurs dizaines de parlementaires de l'opposition démocrates ont eux choisi de laisser leurs sièges vides, selon la presse.
Quand il s'exprimera à partir de 21H00 locales (02H00 GMT mercredi), Donald Trump aura fort à faire pour convaincre les Américains que "l'âge d'or" promis il y a un an lors de son investiture est à portée de main.
- Cour suprême -
Selon un sondage YouGov/Marketwatch publié mardi, près de 47% des personnes interrogées jugent que leur pouvoir d'achat s'est dégradé depuis qu'il est revenu au pouvoir en janvier 2025.
Le président entend pourtant exposer aux deux chambres du Congrès réunies que l'Amérique est "forte, prospère et respectée", a dit Karoline Leavitt, sa porte-parole.
Selon des journalistes invités à déjeuner avec le président avant cette allocution solennelle, comme c'est la tradition, Donald Trump va annoncer de nouvelles baisses d'impôts.
L'ancien promoteur immobilier fait reposer sa promesse de prospérité et de rayonnement international essentiellement sur un outil: les droits de douane.
La Cour suprême vient de lui infliger un coup majeur en invalidant une bonne partie des taxes douanières dont il a assommé les partenaires commerciaux des Etats-Unis.
Ses neuf juges - dont certains ont essuyé de violentes attaques de la part de Donald Trump - seront au premier rang pour son discours, un temps fort de la vie politique américaine, au rituel immuable.
- Iran -
Pour prononcer la traditionnelle réponse au président, le Parti démocrate a choisi la nouvelle gouverneure de Virginie, Abigail Spanberger, élue après une campagne pragmatique et centriste.
Les pays alliés et rivaux des Etats-Unis guetteront tout indice sur les intentions de l'imprévisible commandant en chef en Iran, alors qu'il a massé au Moyen-Orient d'importants moyens militaires.
Concernant Téhéran, le président américain aurait assuré pendant son déjeuner avec des journalistes que les autorités iraniennes désiraient un accord plus que lui.
Le chef de la diplomatie Marco Rubio a organisé mercredi une réunion d'information sur l'Iran avec des responsables du Congrès chargés des dossiers de sécurité nationale.
Donald Trump, ancien animateur de téléréalité qui préfère les improvisations sans filtre aux contraintes d'un téléprompteur, pourrait selon certains médias parler pendant plus de deux heures, et même approcher les trois heures.
Outre l'économie, il devrait parler d'immigration, un autre axe majeur de son programme.
Son gouvernement a mis fin aux opérations massives de la police de l'immigration à Minneapolis (nord), après la mort de deux manifestants tués par des agents fédéraux. Mais Donald Trump n'a pas remis fondamentalement en question sa politique anti-immigration, dont la brutalité heurte nombre d'électeurs.
- Hockey et Epstein -
"Il y aura des moments émouvants" ainsi que "des moments plus légers", a aussi prévenu Karoline Leavitt.
Donald Trump a invité l'équipe masculine de hockey sur glace des Etats-Unis, qui vient de remporter l'or olympique, espérant certainement capter un peu de leur aura victorieuse.
Il a reçu les joueurs, revenus d'Italie en avion gouvernemental, à la Maison Blanche mardi après-midi.
Le dirigeant républicain a aussi convié Erika Kirk, veuve de l'influenceur pro-Trump Charlie Kirk, assassiné en septembre et considéré depuis comme un "martyr" par la droite nationaliste et chrétienne.
Certains parlementaires démocrates ont pour leur part invité des victimes de l'ancien financier Jeffrey Epstein, mort en prison en 2019 avant son procès pour crimes sexuels et dont Donald Trump a été proche.