Trump assure qu'un accord avec l'Iran "pourrait arriver"
information fournie par AFP 02/11/2026 à 22:44

Le président américain Donald Trump s'exprime à Washington, le 2 novembre 2026 ( AFP / MANDEL NGAN )

Après les menaces proférées durant le week-end, le ton a sensiblement changé lundi entre Iraniens et Américains, Donald Trump déclarant à la veille d'importantes élections aux États-Unis qu'un accord avec l'Iran "pourrait arriver".

"Les prix du pétrole tombent comme des pierres (...) parce que les gens sentent qu'il n'y aura pas de guerre avec l'Iran. L'Iran veut un accord, aussi rapidement que possible. Cela pourrait arriver!", a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.

Ce week-end, il avait dit être prêt à donner un "coup de massue" à l'Iran et avait déclaré qu'il lui restait à "s'occuper" d'un ou deux sites nucléaires iraniens.

Le vice-président américain JD Vance a de son côté assuré lundi que Donald Trump et lui-même se sentaient "plutôt optimistes" quant à un accord négocié pour mettre fin à la guerre avec l'Iran, sans fixer de calendrier.

Les positions restent très éloignées mais, selon l'Iran, les consultations sont "intenses" pour éviter une reprise des hostilités avec les États-Unis, un climat qui a fait chuter les cours du pétrole lundi.

Téhéran s'est dit prêt à rouvrir le stratégique détroit d'Ormuz - au coeur du conflit - en deux jours, au lieu du plan initial de sept jours, mais en maintenant ses conditions draconiennes, que Donald Trump avait rejetées en septembre.

Les échanges via une médiation du Qatar se sont amplifiés afin d'éviter la répétition des 40 jours de bombardements intenses de cet été et tenter de relancer les négociations dans ce conflit qui ébranle l'économie mondiale.

"Compte tenu de la sensibilité et de la gravité de la situation actuelle, les consultations et les délibérations sont très intenses", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, soulignant "le rôle de médiateur très actif" du Qatar et du Pakistan.

Dans une apparente volonté de faciliter les discussions, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a "conféré certains pouvoirs au gouvernement", selon le président Massoud Pezeshkian.

Ces déclarations, associées à des informations de presse, ont provoqué un répit sur les marchés, où le baril de Brent, référence internationale, a chuté de 7,64% à 104,77 dollars, contre environ 70 dollars avant le début de la guerre.

"Nouvel itinéraire"

Depuis le début de la guerre, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, Téhéran verrouille le détroit d'Ormuz et cible régulièrement des navires qui tentent de le traverser sans son autorisation.

Un navire a été frappé dimanche par "un projectile inconnu" à l'embouchure de ce détroit, selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO.

En septembre, l'Iran avait présenté, via le Qatar, un plan en sept jours pour rouvrir la voie maritime mais le président américain l'avait rejeté, tout en laissant la porte ouverte à la poursuite de négociations indirectes.

Téhéran conditionne la réouverture du détroit à un cessez-le-feu sur l'ensemble des fronts régionaux, au dégel de ses avoirs détenus à l'étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu'à la fin du blocus naval américain contre ses ports.

Dimanche, M. Araghchi a ajouté à ces demandes l'acceptation par Washington du "nouvel itinéraire convenu entre l'Iran et Oman pour le transit par le détroit d'Ormuz".

Le président chinois Xi Jinping et le sultan d'Oman Haïtham ben Tariq se serrent la main à l'issue d'une cérémonie au Grand Hall du Peuple à Pékin, le 2 novembre 2026 ( POOL / TINGSHU WANG )

Si une accalmie militaire est observée depuis septembre, les États-Unis et Israël avaient accru ces derniers jours leurs menaces, dans le contexte de difficiles élections de mi-mandat mardi pour Donald Trump et d'incertitudes post-électorales en Israël.

Selon le média Axios, citant des sources américaine et israélienne, M. Trump, qui s'est entretenu par téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, partisan d'une offensive, souhaite pour l'heure laisser les négociations suivre leur cours.

Interrogé par un journaliste lundi pour savoir s'il reprendrait les frappes après les élections de mardi, Donald Trump a répondu: "Non".

"Les signaux diplomatiques pourraient être tactiques à l'approche des élections de mi-mandat", estime Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Car "la guerre est impopulaire aux États-Unis, notamment en raison de la flambée des prix des carburants, et Trump a un intérêt politique à suggérer qu'une fin possible du conflit est envisageable".