Trump a pris un vol secret après le sommet de l'Otan en raison d'une menace de l'Iran-WaPo information fournie par Reuters 11/08/2026 à 05:57
Le président américain Donald Trump a secrètement utilisé un avion militaire pour quitter en juillet la Turquie à l'issue du sommet de l'Otan, alors que la Maison blanche avait dit qu'il se trouvait à bord d'Air Force One, en raison d'une menace d'assassinat émanant de l'Iran, rapporte le Washington Post.
Donald Trump s'était rendu à Ankara à bord du nouvel avion présidentiel offert par le Qatar, avant de choisir un ancien appareil Air Force One pour quitter la capitale turque - une décision qui avait soulevé des questions à propos de la sécurité du nouvel appareil, utilisé pour la première fois pour un déplacement à l'étranger.
Le président américain avait indiqué à ce moment-là via son réseau Truth Social vouloir utiliser l'ancien avion Air Force One afin que le dernier modèle puisse être montré aux soldats américains déployés sur la base militaire de Mildenhall en Grande-Bretagne, où était prévue une escale.
Devant les caméras, à Ankara, Donald Trump est monté à bord d'Air Force One. Mais, selon le Washington Post, citant lundi un représentant américain au fait de la question et disant avoir pu consulter des documents corroborant l'information, le chef de la Maison blanche a été secrètement emmené, grâce à un camion de service aéroportuaire, vers un avion militaire plus petit.
Cette mesure extraordinaire a été prise en raison d'une menace crédible visant Donald Trump, écrit le Washington Post.
Une opération similaire de dissimulation avait eu lieu en 2000, quand Bill Clinton, à l'époque locataire de la Maison blanche, a utilisé un appareil civil pour se rendre au Pakistan tandis que son habituel Air Force One servait de leurre.
D'après le Washington Post, en plus des journalistes présents à bord d'Air Force One au moment de quitter Ankara, certains conseillers de la Maison blanche pensaient eux aussi que Donald Trump se trouvait à bord de l'appareil.
Consigne avait été donnée aux journalistes de laisser les volets des hublots fermés. Interrogé ensuite par les journalistes sur cette mesure durant le vol, Donald Trump avait déclaré qu'il s'agissait "potentiellement d'un vol dangereux". "Mais si j'y vais, vous y allez, non ?", avait-il ajouté.
Donald Trump a été aperçu par les journalistes en train de descendre les marches d'Air Force One une fois l'appareil arrivé en Grande-Bretagne. Le Washington Post dit ne pas avoir pu déterminer comment il a été transporté à l'intérieur de l'avion présidentiel depuis l'appareil militaire C-32A dans lequel il avait pris place à Ankara. Cet appareil a atterri quelques minutes avant l'Air Force One et les journalistes.
Sollicitée, la Maison blanche a transmis un communiqué de son directeur de la communication, Steve Cheung, déclarant que l'avion offert par le Qatar était en conformité avec les protocoles de haute sécurité qui garantissent la sécurité du président américain et de ses équipes.
"Comme le président l'a dit récemment, il y a de nombreux ennemis de l'Amérique qui l'ont dans le viseur, et nous utilisons tous les outils à notre disposition pour répondre à ces menaces", est-il ajouté dans le communiqué, similaire à celui fourni au Washington Post.
Aucun commentaire n'a été obtenu dans l'immédiat auprès du Pentagone.
(Humeyra Pamuk et Christian Martinez; version française Jean Terzian)