Travail et chaleur extrême : la France doit-elle s'inspirer du modèle espagnol? information fournie par Boursorama avec Media Services 09/07/2026 à 18:38
Mise au supplice d'une nouvel épisode caniculaire, la France fait face au défi d'adapter son monde du travail aux contraintes météorologiques.
La chaleur intense va t-elle changer les habitudes de travail en France? Les épisodes de canicule à répétition font ressurgir dans le débat public des propositions variées, certains syndicats suggérant notamment un chômage partiel pour tous en cas de fortes chaleurs.
Citée en exemple par le ministre français du Travail, Jean-Pierre Farandou, la législation espagnole définit elle depuis les années 1990 un cadre pour le travail en cas de grosse chaleur. Elle prévoit par exemple que la température dans les espaces fermés ne doit pas dépasser 27°C pour un travail sédentaire - une règle pas toujours respectée, notamment dans les établissements scolaires.
Depuis 2023, la règlementation oblige aussi les employeurs à mettre en place un protocole spécial en cas d'alertes orange et rouge émises par l'agence météorologique nationale, comprenant la modification des horaires de travail si les autres mesures de protection ne sont pas suffisantes.
L'option de la journée continue
Dans certaines régions et villes, le système de la journée continue permet de décaler les horaires pour terminer le travail au plus tard à 15H, dans le BTP notamment, mais tous les travailleurs sont loin d'être concernés. Dans une étude publiée en juillet 2022 par le site Infojobs, seuls 21% des 1.026 personnes interrogées déclaraient en bénéficier en été.
Depuis les inondations meurtrières de 2024 à Valence, l'Espagne accorde également jusqu'à quatre jours de congé aux travailleurs si les conditions météorologiques les empêchent de se rendre sur leur lieu de travail.
Du côté de l'Italie, une plateforme numérique baptisée Worklimate a été lancée pour permettre aux employeurs d'évaluer chaque jour le niveau de risque thermique auquel sont exposés leurs salariés en prenant en compte la température, le taux d'humidité, le vent et le rayonnement du soleil (indice WBGT), avec quatre niveaux de risque, du vert au rouge. L'employeur peut ajouter l'intensité du travail. Expérimenté depuis 2023, cet outil est désormais utilisé dans certaines régions pour imposer des mesures contraignantes. Ainsi, en Lombardie, quand la plateforme indique un risque élevé, l'activité est interdite aux heures les plus chaudes dans le bâtiment, l'extraction en carrière et l'agriculture, explique l'observatoire des risques professionnels en Europe, Eurogip.