Travail au noir : 25% de verbalisations en plus en deux ans et plus d'1,5 milliard d'euros de redressement, annonce l'Urssaf
information fournie par Boursorama avec Media Services 20/02/2026 à 15:57

( AFP / ERIC PIERMONT )

Les secteurs les plus concernés pas des redressements sont le BTP, les services aux entreprises et le commerce.

Des "résultats records". L'Urssaf a annoncé ce vendredi 20 février avoir verbalisé 25% de situations frauduleuses de travail au noir en plus en deux ans, dépassant pour la deuxième année consécutive 1,5 milliard d'euros de redressement, mais le recouvrement de ces sommes reste plus difficile.

Dans son bilan annuel de la lutte contre la fraude, l'Urssaf souligne que 13% de contrôles ciblés de plus ont été réalisés en 2025 par rapport à 2024, permettant une hausse des verbalisations de situations de travail dissimulé de 25% en deux ans. Comme les années précédentes, les secteurs les plus concernés pas des redressements sont le BTP, les services aux entreprises et le commerce. Ces actions ont permis de redresser 1,503 milliard d'euros de cotisations et contributions sociales en 2025, un peu moins qu'en 2024 (1,586 md) mais beaucoup plus que les années précédentes (entre 600 et 800 millions par an environ entre 2018 et 2022).

En 2025, "nous avons réitéré des résultats records", s'est félicité le directeur de l'Urssaf-Caisse nationale Damien Ientile lors d'un point presse. En revanche, le recouvrement des sommes redressées reste compliqué. "Le montant des sommes recouvrées en 2025 par les Urssaf dans le cadre de leurs actions de lutte contre la fraude s'élève à près de 150 millions d'euros", écrit l'Urssaf, dont environ 100 millions d'euros liées aux actions de lutte contre le travail dissimulé et 50 à celles de régularisations des revenus des auto-entrepreneurs. Le recouvrement est "difficile parce qu'il y a des entreprises qui sont faites uniquement pour frauder et qui disparaissent dès que vous les identifiez", a pointé Damien Ientile.

Des "fraudes émergentes, de plus en plus sophistiquées"

Au-delà de la lutte contre le travail dissimulé, l'Urssaf souligne être confrontée à des "fraudes émergentes, de plus en plus sophistiquées, notamment liées à l'usage des outils numériques (usurpation d'identité, faux comptes, montages dématérialisés)".

Déjà adopté par le Sénat, un projet de loi sur la lutte contre les fraudes sociales et fiscales doit être examiné à l'Assemblée nationale à partir de mardi. Il instaure de nouveaux moyens de détection des fraudes ainsi que des sanctions et obligations renforcées pour les entreprises et les bénéficiaires d'allocations. Parmi les "mesures utiles" que comporte ce projet de loi, Damien Ientile cite la création de la flagrance sociale, qui doit permettre aux équipes de contrôle et d'inspection de l'Urssaf de réaliser des saisies d'actifs à titre conservatoire, dès que du travail dissimulé est détecté. Gelés, ces actifs pourront ensuite faire l'objet d’un recouvrement.

Vendredi, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a déposé un amendement à ce projet de loi, qui vise à permettre aux préfets de prononcer la fermeture administrative temporaire d'un établissement ayant recouru sciemment, directement ou indirectement, au service d'une personne exerçant un travail dissimulé. Cette nouvelle possibilité doit permettre de s'adapter à une organisation du travail de plus en plus complexe, où "une société tête de pont organise le travail dissimulé mais n'est pas l'employeur direct" des personnes travaillant au noir, explique l'entourage du ministre. Aujourd'hui, les préfets peuvent faire fermer pendant trois mois un établissement ayant servi à commettre une infraction de travail illégal.