Toyota relève ses prévisions grâce à une demande "robuste" et au yen, le plongeon en Chine continue information fournie par Boursorama avec AFP 05/11/2026 à 08:10
Le géant automobile japonais Toyota a relevé jeudi ses prévisions de bénéfices pour son exercice 2026-2027, aidé par une demande "robuste" pour ses véhicules hybrides et par l'affaiblissement du yen, malgré la dégringolade persistante de ses ventes en Chine.
Le constructeur, numéro un mondial du secteur, attend sur son exercice décalé un bénéfice net de 3.570 milliards de yens (150,9 milliards d'euros) contre 3.250 milliards précédemment --ce qui représenterait néanmoins un recul de 7,2 % sur un an.
Les ventes restent "résilientes", tirées par les hybrides, malgré la résistance du marché américain, assure Toyota, spécialiste de ce type de motorisation.
Par ailleurs, "l'optimisation des chaînes d'approvisionnement mondiales" a permis de "limiter" l'impact de la flambée des coûts des matières premières et des transports liée au conflit au Moyen-Orient.
Toyota, qui réalise 85 % de ses ventes à l'international et conserve une importante base industrielle au Japon, a aussi profité de l'affaiblissement du yen, qui a glissé cet été à son plus bas niveau depuis quatre décennies.
Bien qu'inférieur aux anticipations des analystes, ce relèvement des prévisions a ravi les marchés, qui misent de surcroît sur un assouplissement de la politique douanière américaine après le raz-de-marée démocrate aux élections de mi-mandat aux États-Unis.
Vers 06H00 GMT, l'action Toyota flambait de 15,68 % à la Bourse de Tokyo.
"Base commerciale"
De quoi éclipser un deuxième trimestre (juillet-septembre) contrasté : le constructeur nippon a vu son bénéfice net reculer de 18,5 % sur un an, à 759,4 milliards de yens, très en deçà des attentes, toujours miné par le renchérissement des matériaux, mais aussi par des perturbations dans ses usines nippones dues à des séismes et inondations.
Son chiffre d'affaires a en revanche bondi de 8,6 % sur un an sur le trimestre, à 13.437 milliards de yens.
Aux États-Unis, ses ventes en nombre de véhicules ont progressé de 0,9 % sur un an sur le trimestre malgré les droits de douane imposés par Washington. Elles ont bondi de 12,4 % au Japon et augmenté de 1,4 % en Europe.
"En Amérique du Nord, grâce à des efforts constants, nous avons pu bâtir une base commerciale solide", notamment via "des taux élevés de fidélisation", a rappelé jeudi Yoichi Miyazaki, vice-président exécutif.
De façon générale, "nous renouerons avec une trajectoire de croissance solide en augmentant la production de batteries pour véhicules hybrides, très demandées, en réduisant significativement les coûts opérationnels grâce à une réorganisation de nos structures de production, et en renforçant l'automatisation par l'introduction de robots", a-t-il insisté.
Sur l'ensemble de l'exercice 2026-2027, qui s'achèvera fin mars, Toyota s'attend à voir son chiffre d'affaires progresser de 5,6 % sur un an à 53.500 milliards de yens --un chiffre légèrement révisé en baisse jeudi.
Plongeon en Chine
Pour autant, "l'environnement concurrentiel (reste) difficile", a reconnu le constructeur.
Et ce, en particulier en Chine: Toyota y a encore vu ses ventes plonger de 25 % sur un an en nombre d'unités sur le trimestre juillet-septembre.
Sur ce marché crucial, le groupe nippon --en retard sur l'offre de voitures 100 % électriques-- affronte la concurrence féroce des constructeurs locaux, dont le champion BYD.
Les groupes chinois multiplient les lancements de véhicules aux options sophistiquées et personnalisées, alors même que les ventes dans le pays s'essoufflent sous l'effet d'une conjoncture économique maussade.
"En Chine, alors que le marché des véhicules à énergies nouvelles connaît une expansion rapide, nous avons déployé des produits adaptés aux besoins de la clientèle locale : notre part de marché a cessé de reculer et se maintient désormais à un niveau stable", a tempéré M. Miyazaki.
Pour mieux s'adapter aux exigences des acheteurs, à l'image de ses concurrents, Toyota dit s'appuyer sur ses coentreprises avec des partenaires chinois, en adaptant ses processus de développement "sous la direction d'ingénieurs en chef locaux".
Plus tôt cette semaine, Toyota avait indiqué qu'il prévoyait de lancer la nouvelle génération de sa populaire berline Corolla en Chine, notamment dans des versions électrifiées.
Et pour se renforcer en Chine, le groupe japonais avait annoncé l'an dernier la construction d'une usine à Shanghai où seront produits des véhicules électriques sous la marque Lexus à partir de fin 2027 --emboîtant le pas à l'américain Tesla dans la même ville.