Toute la pluie tombait sur eux
information fournie par So Foot 23/06/2026 à 11:01

Toute la pluie tombait sur eux

C’était un moment suspendu comme la société n’en produit plus, un moment de rien, où les gens attendaient sous la pluie. Barbant à regarder depuis la France, les 2h10 d’interruption de France-Irak furent, du stade, quelque chose.

La pluie tombait comme dans un film des sœurs Wachowski, le peuple trempé jusqu’aux os du Philadelphia Stadium s’était réfugié à l’intérieur des murs et, au détour d’un couloir, on croisa Fayza Lamari qui, évidemment, se mit à parler. « Ils sont en train de s’échauffer dans les vestiaires » , dit-elle en tapotant sur son téléphone. Il était 20 heures passées de ce côté-ci de l’Atlantique et le match France-Irak était arrêté depuis une heure, l’horloge tournant maintenant à la vitesse des éclairs dans le ciel de la Pennsylvanie : chacun d’entre eux signifiait la remise à zéro du compteur de trente minutes avant la reprise des débats. Fayza Lamari, donc, badaude parmi les badaudes, incognito dans une foule compacte qui se disputait les cheesesteaks à 25 dollars, parlait à dieu sait qui mais savait ce qui se passait dans le vestiaire français, là où Jules Koundé avouera plus tard que les Bleus avaient fait du vélo, discuté du match, « joué aux cartes » , dira même Deschamps, second degré, en conférence de presse d’après-match. Drôle de moment suspendu où près de 70 000 personnes, spectateurs, officiels, vendeurs, bénévoles, agents de sécurité, arbitres, joueurs et coachs compris, vécurent le plus long match de leur vie – sans doute même de l’histoire de la Coupe du monde, statistique que l’on s’est arrachés les cheveux à tenter de vérifier. « Je ne peux dire qu’un truc , glissa-t-elle avant de disparaître dans la masse, c’était mieux à Doha

Par Théo Denmat et Jérémie Baron, à Philadelphie pour SOFOOT.com

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