Tous les militants de la flottille pour Gaza ont été libérés, l'indignation suscitée par leur traitement ne faiblit pas information fournie par Reuters 21/05/2026 à 15:43
(Actualisé avec libération de tous les militants, témoignages, détails)
Tous les membres de la flottille humanitaire pour Gaza interceptée mardi par la marine israélienne ont été expulsés d'Israël, a annoncé jeudi le ministère israélien des Affaires étrangères.
Membres d'une flottille humanitaire cherchant à briser le blocus israélien de la bande de Gaza, le traitement de ces militants après leur arrestation avait suscité l'indignation.
Avant d'être emmenés en prison, les militants ont été forcés de s'agenouiller, en rangs, les mains attachées dans le dos, en présence du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Le comportement du ministre d'extrême droite déhambulant au millieu des militants ligotés a été dénoncé par nombre de pays, dont la France, qui ont convoqué les ambassadeurs israéliens.
Trente-sept ressortissants français ont été expulsés vers la Turquie, a déclaré jeudi Pascal Confavreux, le porte-parole du ministère des affaires étrangères. La Corée du sud, l'Espagne et l'Irlande ont précédemment annoncé la libération de leurs citoyens.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan avait déclaré que la Turquie prévoyait d'organiser des vols spéciaux au départ d'Israël afin de rapatrier ses ressortissants ainsi que certains militants de pays tiers arrêtés par Israël.
La France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, l'Espagne ou encore le Canada, ont annoncé mercredi la convocation des ambassadeurs israéliens. La Pologne et la Grande Bretagne se sont joint jeudi à la liste de ces pays.
"Ce comportement enfreint les normes les plus élémentaires en matière de respect et de dignité humaine", a déclaré le ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué.
"Nous sommes également profondément préoccupés par les conditions de détention décrites et avons exigé des explications de la part des autorités israéliennes", peut-on lire dans le communiqué.
L'Italie et la Pologne ont exigé des excuses d'Israël, Varsovie ayant même demandé que l'entrée d'Itamar Ben-Gvir sur son territoire soit interdite.
L'ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, a déclaré qu'Itamar Ben-Gvir avait "trahi la dignité de sa nation".
"NON CONFORME AUX VALEURS ET NORMES ISRAÉLIENNES"
Itamar Ben Gvir s'est également attiré les critiques de la coalition au pouvoir et du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a décrit le traitement reçu par les militants comme "non conforme aux valeurs et normes israéliennes".
Le journaliste italien Alessandro Mantovani, l'un des nombreux militants séparés des autres et rapatriés par avion plus tôt, a déclaré avoir été passé à tabac à son arrivée au centre de détention israélien, qu'il a décrit comme un "lieu de terreur".
"'Me tabasser', ça veut dire qu'ils m'ont donné des coups de pied dans les jambes et des coups de poing au visage. Ce sont des gens qui savent ce qu'ils font, donc je n'ai pas de traces visibles importantes (...) Ils vous tabassaient et vous disaient 'Bienvenue en Israël'", a-t-il dit aux journalistes à son arrivée à l'aéroport de Rome.
Un autre militant italien, Dario Carotenuto, député du Mouvement 5 étoiles, a déclaré avoir reçu un coup de poing dans l’œil et des coups de pied pendant sa détention.
Le ministère israélien des Affaires étrangères n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires concernant ces allégations.
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, s'est dit jeudi "consterné" par le traitement infligé par Itamar Ben-Gvir aux membres de la flottille humanitaire.
Un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a appelé à ce que les responsables rendent des comptes.
Selon les organisateurs de la flottille, 430 militants de 40 nationalités étaient présents sur les 50 navires de la flottille.
Les navires de la flottille Global Sumud ("sumud" signifie "persévérance" en arabe) avaient pris la mer pour la troisième fois jeudi dernier depuis le sud de la Turquie après de précédentes tentatives infructueuses. L'objectif était de fournir une aide aux habitants de Gaza confrontés à une crise humanitaire.
(Rédigé par Rami Ayyub, Barbara Erling, Anna Wlodarczak-Semczuk, Joyce Lee, David Latona ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)