Tour des Flandres: Pogacar seul au Ronde
information fournie par AFP 05/04/2026 à 18:27

Le Slovène Tadej Pogacar, vainqueur de son troisièmeTour des Flandres, le 5 avril 2026 à Audenarde ( BELGA / ERIC LALMAND )

Intouchable, Tadej Pogacar a remporté dimanche son troisième Tour des Flandres, record égalé, en essorant ses rivaux un par un pour rester en course pour le Grand Chelem dans les Monuments cette année.

Au départ à Anvers, le double champion du monde avait annoncé qu'il comptait "durcir la course au maximum" dans tous les monts pavés du Ronde. Il a tenu parole en multipliant les accélérations dans les cinquante derniers kilomètres pour décrocher progressivement les trois autres "fantastiques" et s'imposer en solitaire à Audenarde après un jeu d'élimination inéluctable.

Le tri a été tellement violent que tout le monde a franchi la ligne au compte-goutte, absolument seul. D'abord Pogacar, comme un empereur, puis Van der Poel, 34 secondes plus tard après avoir été décroché dans la dernière ascension du Vieux Quaremont à 18 km de l'arrivée, suivi d'Evenepoel (1:11), Van Aert (2:04), Mads Pedersen (2:48).

Et ensuite, très loin derrière, la "plèbe", emmenée par Jasper Stuyven, sixième à plus de quatre minutes, un autre monde.

"Je ne cours pas beaucoup donc quand je suis au départ la pression est forte pour que je gagne. Jusque-là ça se passe à la perfection", a réagi Pogacar après avoir reçu les félicitations de tous ses concurrents, venus s'incliner devant sa suprématie totale.

Le bilan 2026 du Slovène est limpide: trois courses, trois victoires, aux Strade Bianche, à Milan-Sanremo et au Ronde où il a remporté son quatrième Monument consécutif – un exploit inédit – après Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie l'an dernier et la Primavera en mars.

Et les records continuent à tomber avec ce troisième succès dans le Ronde qui lui permet d'égaler Achille Buysse, Fiorenzo Magni, Eric Leman, Johan Museeuw, Tom Boonen, Fabian Cancellara et Mathieu van der Poel.

- Et maintenant Roubaix -

Tadej Pogacar dans le Tour des Flandres le 5 avril 2026 ( BELGA / DAVID PINTENS )

Plus que jamais, il est à la poursuite d'Eddy Merckx auquel il dispute le titre de meilleur coureur de tous les temps.

La légende belge le devance toujours au nombre de Monuments remportés (19 contre 12). Mais Pogacar laisse déjà Roger de Vlaeminck dans son rétroviseur pour s'installer seul à la deuxième place, à seulement 27 ans.

Le prochain rendez-vous dimanche est déjà marqué en rouge dans son agenda: Paris-Roubaix, la seule grande classique qui lui manque et où le quadruple vainqueur du Tour de France voudra faire tomber une nouvelle barrière.

S'il y parvient, il sera en position idéale pour devenir le premier coureur de l'histoire à remporter les cinq Monuments lors d'une même saison.

"Les cinq en une année ? Je ne veux pas trop y penser pour l'instant. Remporter une course de vélo, n'importe laquelle, est déjà tellement difficile. Il faut vraiment que tout s'aligne. Et Roubaix est celle qui me pose le plus grand défi. Mais je vais essayer", a-t-il temporisé dimanche.

- "Simplement trop fort" -

A Roubaix aussi, il pourra compter sur son lieutenant belge Florian Vermeersch qui a fait exploser le peloton en accélérant dans le Molenberg à 100 km de l'arrivée dimanche, permettant à un groupe de seize coureurs, comprenant tous les favoris et outsiders, de se dégager.

Pogacar a commencé son œuvre dans le premier des trois passages du Vieux Quaremont où on a eu droit, brièvement, à l'image incroyable de retrouver les quatre favoris épaule contre épaule en tête de la course, avant que l'écrémage ne ramène tout le monde à sa place.

Au final, tout le monde était content.

"J'aurais espéré mieux comme résultat mais ce n'était pas possible de faire plus", a expliqué Van Aert qui a longtemps roulé avec Mads Pedersen avant de le larguer dans la troisième ascension du Vieux Quaremont.

"Pour une première participation, c'était presque parfait", a estimé Evenepoel après avoir fait les cinquante derniers kilomètres tout seul, gardant le duo Pogacar-Van der Poel en ligne de mire sans jamais réussir à recoller.

"Il ne m'a pas manqué grand-chose pour rester avec Tadej dans le Vieux Quaremont", a enfin rapporté Van der Poel, le dernier à craquer, avant de se rendre à l'évidence: "mais il a montré une fois encore qu'il était simplement trop fort."