Thaïlande-Des séparatistes soupçonnés d'incendies criminels dans le sud - autorités
information fournie par Reuters 24/08/2026 à 10:32

Des bâtiments administratifs, des commerces, des voitures et des poteaux électriques ont été incendiés au cours du week-end par des insurgés présumés, dans plus de 70 localités réparties dans quatre des provinces les plus au sud de la Thaïlande, blessant au moins trois personnes, ont déclaré lundi les autorités.

Selon celles-ci, au moins 78 incidents, dont la plupart ont eu lieu samedi soir, ont été recensés dans ces régions : 40 à Narathiwat, 21 à Yala, 15 à Pattani et deux à Songkhla. D’autres se sont produites dimanche.

Aucun groupe n’a revendiqué ces attaques.

Le lieutenant-général Norathip Poinok, qui commande l’armée thaïlandaise dans le sud du pays, a déclaré lundi aux médias locaux que les autorités avaient reçu, il y a près de deux mois, des renseignements les avertissant d’attaques contre des bâtiments gouvernementaux, des commerces et des infrastructures électriques.

Il a également qualifié ces attaques de réponses à la répression menée contre les insurgés et les activités illicites, notamment le trafic de drogue et la contrebande, qui financent les groupes séparatistes.

À Narathiwat, où un couvre-feu a été imposé, une ligne ferroviaire a été touchée par des explosifs, entraînant la suspension du trafic sur ce tronçon.

Lors d’une réunion dimanche, le Premier ministre Anutin Charnvirakul a demandé aux forces thaïlandaises d’assurer la sécurité publique.

Le sud du pays, à majorité musulmane et d’ethnie malaise, est confronté depuis des décennies à une insurrection visant à obtenir une plus grande autonomie ou l’indépendance.

La région faisait partie du sultanat malais de Patani avant que son intégration à la Thaïlande ne soit officialisée en 1909.

Plus de 7.800 personnes ont été tuées dans les provinces limitrophes de la Malaisie depuis 2004, date à laquelle la dernière vague d’une insurrection de longue date, menée principalement par le Barisan Revolusi Nasional (BRN), a éclaté.

Ces attaques surviennent alors que l'État cherche à relancer les pourparlers de paix avec le BRN, le principal groupe séparatiste en lutte dans la zone.

Thanut Suvarnananda, négociateur en chef, a déclaré à Reuters ce mois-ci que Bangkok souhaitait aller au-delà d’un simple échange de concessions visant à réduire la violence et s’attaquer aux griefs politiques, notamment en matière de gouvernance.

Les discussions, menés sous l’égide de la Malaisie, ont connu des blocages à plusieurs reprises depuis leur lancement en 2013.

(Panu Wongcha-um et Panarat Thepgumpanat; Version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)