Tensions sur l'essence en Russie : Tatneft impose des limites d'achat dans toutes ses stations-services, une raffinerie frappée à Moscou information fournie par Boursorama avec Media Services 16/06/2026 à 14:09
Les capacités d'approvisionnement du pays en produits pétroliers sont affectées par les campagnes de frappes aériennes menées par les forces ukrainiennes sur de nombreux sites énergétiques, parfois loin de la ligne de front.
Pendant que l'Ukraine poursuit ce que Volodymyr Zelensky qualifie de "sanctions à longue portée" sur les installations énergétiques russes, le groupe pétrolier Tatneft a instauré des limites à l'achat d'essence dans l'ensemble ses stations-service. Cette annonce intervient sur fond de frappes ukrainiennes régulières sur des dépôts et raffineries en Russie qui font craindre de potentielles pénuries. Mardi 16 juin, une frappe de drone ukrainien menée dans le cadre d'une vaste attaque sur la capitale russe a endommagé la grande raffinerie de Kapotnya, située sur le territoire même de Moscou, à une quinzaine de kilomètres au sud-est du Kremlin. Ce site énergétique stratégique est détenu par le géant russe Gazprom.
30 litres d'essence par voiture
Du côté de Tatneft, la compagnie pétrolière a confirmé fixer désormais une limite de "30 litres d'essence et de 60 litres de gazole par personne" dans "toutes les stations-service" de son réseau. "On ne sait pas encore combien de temps cela va durer", a précisé l'opérateur qui s'est refusé à en expliquer les raisons. L'armée ukrainienne vise quasiment chaque semaine des raffineries, oléoducs et dépôts pétroliers en Russie, un effort visant à priver Moscou des revenus tirés de la vente d'hydrocarbures, qui servent notamment à financer son effort de guerre en Ukraine depuis 2022.
Signe de tensions dans ce secteur, la Russie, l'un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole, a interdit l'exportation d'essence automobile jusqu'au 31 juillet et de carburant d'aviation jusqu'au 30 novembre, afin de garantir l'approvisionnement du marché intérieur. Début juin, le ministère russe de l'Energie avait indiqué, dans un communiqué, "des difficultés temporaires d'approvisionnement en carburant dans un certain nombre de régions du sud" en raison d'une "intensification des attaques aériennes de l'ennemi".
A l'été 2025, les frappes ukrainiennes et la saison estivale avaient contribué à une hausse des prix du carburant dans le pays et des pénuries dans certaines régions isolées ou enclavées telles que l'Extrême-Orient et la Crimée, annexée en 2014. Les marchés mondiaux de l'énergie sont perturbés depuis février par la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz, qui ont accru la demande vers les exportations russes.