Téhéran se prévaut d'avoir défait Trump, qui admet que la guerre a pesé dans la dêbacle de son camp
information fournie par AFP 04/11/2026 à 21:33

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, sur une affiche à Baghdad, le 30 juillet 2026, en Irak ( AFP / AHMAD AL-RUBAYE )

Téhéran s'est prévalu mercredi d'avoir infligé une "défaite politique" et "stratégique" à Donald Trump, qui a reconnu que la guerre avec l'Iran, qui a secoué l'économie mondiale, avait largement contribué à la débâcle de son parti républicain aux élections de mi-mandat.

"La nation iranienne a infligé à Trump une défaite stratégique sur le champ de bataille et dans le détroit d'Ormuz — et une DÉFAITE POLITIQUE à Washington", a écrit sur X le chef de la sécurité du pays, Mohsen Rezaei. "Quiconque s'en prend à l'Iran en paiera le prix", a-t-il ajouté.

Des milliers d'Iraniens s'étaient rassemblés plus tôt dans la journée à Téhéran pour fustiger Donald Trump et se réjouir de sa cuisante défaite. Dominant la foule, un immense panneau proclamait: "C'est le peuple iranien qui fixe le prix".

Sans clarté sur la stratégie du président américain envers la République islamique après cette déroute électorale, le guide suprême, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, a lui averti que le conflit au Moyen-Orient s'étendrait si les États-Unis reprenaient leurs frappes contre la République islamique.

Mais il a écarté toute perspective de changement de politique américaine, estimant que ceux qui l'espéraient "se trompaient lourdement".

Donald Trump a lui jugé "en grande partie vrai" que la guerre en Iran - qu'il avait déclenchée fin février avec Israël et qui n'a depuis atteint aucun de ses objectifs - avait causé la défaite républicaine aux midterms, comme l'avait affirmé plus tôt son vice-président JD Vance.

"Je pense que c'est en grande partie vrai car cela a fait monter un peu les prix de l'essence à court terme", a-t-il affirmé.

"Mais en même temps, si c'était à refaire, je le referais parce qu'à long terme, c'est la seule solution. On ne peut pas laisser l'Iran avoir l'arme nucléaire", a ajouté le président, assurant également que son ministre de la Défense Pete Hegseth avait fait du "très bon travail".

"La guerre doit prendre fin"

Aux États-Unis, les chefs de file des démocrates au Congrès, Hakeem Jeffries et Chuck Schumer, ont eux appelé à la fin de la guerre. "Le peuple américain ne sait pas pour quelle raison nous nous battons en Iran. Cette guerre doit prendre fin", a affirmé M. Schumer.

Le négociateur en chef iranien dans les pourparlers avec les États-Unis, Mohammad Bagher Ghalibaf, a estimé de son côté que les Américains avaient dit "NON À LA GUERRE" lors des élections, "par conscience ou à cause du coût de la vie".

Coutumier des déclarations contradictoires sur l'Iran, entre menaces et promesses d'issue diplomatique, le président américain avait déclaré ce week-end être prêt à donner un "coup de massue" à Téhéran, avant de se prévaloir mardi d'avancées diplomatiques dans les tractations en cours avec les Iraniens.

A la veille des élections aux États-Unis, l'île iranienne de Qeshm a été visée par des frappes limitées américaines, le président affirmant qu'une installation antiaérienne avait été ciblée.

Les Gardiens de la Révolution, puissante force armée de la République islamique, ont affirmé mercredi que les États-Unis avaient "intensifié leurs activités de reconnaissance et de renseignement et déployé d'importants efforts pour identifier les systèmes de défense du pays".

"Le quinzième drone américain MQ-1 a été intercepté et détruit par le système de défense moderne et performant des Gardiens (...) au-dessus de l'île de Qeshm", ont-ils dit. Washington n'a pas confirmé ces informations dans l'immédiat.

Le Qatar, médiateur dans le conflit, a pour sa part assuré que "les deux parties restaient engagées dans le processus de négociation".

Pressions chinoises

Outre le Qatar, d'autres pays tentent de faire pression pour une solution rapide au conflit au Moyen-Orient.

La Chine, qui a des liens économiques étroits avec Téhéran et des intérêts importants au Moyen-Orient, a dit mercredi s'employer activement sur le front diplomatique pour "éviter une reprise des hostilités".

Le président chinois Xi Jinping à Pékin en Chine le 2 novembre 2026 ( POOL / TINGSHU WANG )

Le président chinois Xi Jinping avait reçu lundi Haïtham ben Tariq, sultan d'Oman, médiateur dans le conflit et riverain du détroit d'Ormuz.

Depuis le début de la guerre, l'Iran revendique le contrôle de cette voie maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures et frappe régulièrement des navires qui tentent de le franchir sans son autorisation.

En représailles, les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens.

La première phase de la guerre, la plus intense, avait fait des milliers de morts civils en près de 40 jours de bombardements américains, et de frappes iraniennes sur les alliés des États-Unis dans la région, avant un cessez-le-feu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin.

Cette fragile entente avait volé en éclats cet été, avec la reprise des échanges de frappes, mais une accalmie est observée depuis début septembre.