Taïwan pas au courant d'un changement de programme dans les ventes d'armes US information fournie par Reuters 22/05/2026 à 21:36
(Actualisé avec sources)
La présidence taïwanaise a déclaré vendredi n'avoir reçu aucune information concernant une remise en cause des ventes d'armes par les États-Unis, après qu'un haut responsable américain a déclaré que le processus était en pause raison de la nécessité de disposer d'un stock d'armes suffisant pour la guerre contre l'Iran.
Taïwan, île démocratiquement gouvernée mais revendiquée par la Chine comme faisant partie intégrante de son territoire, attend que Washington approuve un nouveau contrat de vente d'armes qui, selon Reuters, pourrait atteindre 14 milliards de dollars (12 milliards d'euros).
Cependant, le président américain Donald Trump a déclaré, à l'issue du sommet avec le président chinois Xi Jinping à Pékin la semaine dernière, qu'il n'avait pas encore décidé s'il allait l'approuver.
Taïwan a répété jeudi que le président du pays, Lai Ching-te, serait ravi de s'entretenir avec Donald Trump, ce qui constituerait un échange sans précédent entre le dirigeant de la première économie mondiale et l'île.
Quatre personnes au fait des discussions affirment cependant que les deux parties n'ont pas encore établi de plans concrets pour une discussion entre les deux présidents.
A ce stade, aucune date n'a été fixée pour un tel entretien, qui est susceptible de tendre les relations entre les Etats-Unis et la Chine, Pékin ayant déclaré la semaine dernière que si la question de Taïwan n'était pas résolue de manière adéquate, les relations avec Washington pourraient se retrouver dans une "zone très dangereuse".
Jeudi, le secrétaire par intérim à la Marine américaine, Hung Cao, a été interrogé lors d'une audition de la sous-commission sénatoriale des crédits de défense sur les futures ventes d'armes à Taïwan.
"Nous leur avons déjà vendu du matériel militaire. C'est juste qu'en ce moment, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous disposons des munitions nécessaires pour l'opération Epic Fury", a-t-il déclaré, faisant référence à la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
"Nous nous assurons simplement d'avoir tout ce qu'il faut, mais les ventes d'armes à l'étranger reprendront lorsque l'administration le jugera nécessaire", a-t-il ajouté, précisant qu'il appartiendrait au secrétaire à la Défense Pete Hegseth et au secrétaire d'État Marco Rubio d'approuver ou non ces ventes à Taïwan.
S'adressant à des journalistes à Taipei, la porte-parole du bureau présidentiel taïwanais, Karen Kuo, a déclaré qu'ils avaient pris note de ces remarques.
"Cependant, à l'heure actuelle, nous n'avons reçu aucune information pertinente concernant un ajustement de ces ventes d'armes par les États-Unis", a-t-elle déclaré.
Les États-Unis sont tenus, par une loi votée en 1979 par le Congrès, de fournir à Taïwan les moyens de se défendre. La Chine a appelé à plusieurs reprises les États-Unis à mettre fin à ces ventes d'armes.
Le gouvernement taïwanais rejette les revendications de souveraineté de Pékin, affirmant que seul le peuple taïwanais peut décider de son avenir.
(Par Ben Blanchard; Version française Matthieu Huchet, édité par Benoit Van Overstraeten)