Taïwan espère une vente d'armes américaine "dès que possible", Pékin met en garde contre une "impasse" information fournie par AFP 18/06/2026 à 11:19
Pékin a prévenu jeudi qu'une quête d'indépendance de la part de Taïwan avec le soutien américain ou par les armes menait à une "impasse", après un appel du président taïwanais à la validation par les Etats-Unis d'une importante vente d'armes à l'île.
Le président taïwanais Lai Ching-te a déclaré jeudi espérer que Washington approuverait "dès que possible" une vente d'armes de 14 milliards de dollars, réaffirmant que l'île démocratique "rejette l'unification" avec la Chine.
Taïwan dépend fortement du soutien américain pour dissuader une éventuelle attaque chinoise et subit une pression intense pour accroître ses dépenses via des investissements dans des entreprises américaines.
"Les efforts de Taïwan pour préserver sa sécurité nationale, défendre son mode de vie démocratique et libre, et rejeter l'unification et la domination du Parti communiste chinois ne doivent pas être perçus comme une provocation envers la Chine ni comme une source de troubles dans la région", a déclaré le président taïwanais Lai Ching-te à des journalistes à Taipei.
La Chine a vivement réagi, un porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Lin Jian, prévenant que "rechercher l'indépendance en s'appuyant sur les États-Unis ou par la force militaire constitue une impasse".
Il a réaffirmé l'opposition de Pékin aux ventes d'armes américaines à Taïwan, réitérant la position chinoise selon laquelle "Taïwan est une partie inaliénable du territoire chinois, et l'avenir de Taïwan ne peut être décidé conjointement que par les plus de 1,4 milliard de Chinois, y compris nos compatriotes taïwanais."
Les Etats-Unis ne reconnaissent pas officiellement Taïwan, mais maintiennent des relations officieuses avec le gouvernement de l'île et sont légalement tenus de lui fournir les moyens de se défendre, à condition qu'elle ne déclare pas l'indépendance.
"Grands espoirs"
Les autorités américaines ont annoncé fin mai examiner une vaste acquisition d'armes par Taïwan afin de s'assurer que l'armée américaine disposait de stocks de munitions suffisants pour ses opérations contre l'Iran.
Les ventes d'armes à Taïwan restent un sujet de friction entre Washington et Pékin, qui s'y oppose, et en mai le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a indiqué que l'accord de 14 milliards de dollars était "en cours d'examen".
M. Lai a déclaré jeudi qu'il avait "de grands espoirs" concernant cet accord, ajoutant : "Nous espérons que les achats d'armes pourront être approuvés dès que possible."
Son gouvernement, qui s'est engagé à augmenter les dépenses de défense totales à plus de 3% du PIB cette année, a proposé 1.250 milliards de dollars taïwanais (40 milliards de dollars américains) pour l'achat d'armes, incluant des équipements américains ainsi que des drones et d'autres matériels fabriqués à Taïwan.
Mais les parlementaires taïwanais sont en désaccord sur le montant à consacrer au renforcement des capacités de défense.
En mai, les partis d'opposition, majoritaires au Parlement, ont adopté un budget spécial de défense de 25 milliards de dollars, amputant d'un tiers celui proposé par le Parti démocrate progressiste (DPP) au pouvoir.
L'engagement des États-Unis envers la sécurité de Taïwan "reste inchangé", a affirmé M. Lai, ajoutant que les deux parties "partagent l'objectif de renforcer la sécurité et d'accélérer les efforts pour renforcer les capacités d'autodéfense de Taïwan".
Jeudi, le gouvernement taïwanais a approuvé une dépense supplémentaire de 210 milliards de dollars taïwanais (6,6 mds USD) pour des drones de fabrication locale, après que le ministère de la Défense a jugé le budget réduit "insuffisant pour construire pleinement les capacités de combat globales de l'armée".