Syrie-Rifaat al-Assad, le "boucher de Hama", est mort à 88 ans information fournie par Reuters 21/01/2026 à 14:40
Rifaat al Assad, l'oncle du président déchu syrien Bachar al Assad, connu par ses détracteurs comme le "boucher de Hama", est décédé mardi à 88 ans, ont indiqué deux sources au fait de son décès.
Ancien officier de l'armée qui a aidé son frère, Hafez al Assad, à prendre le pouvoir lors d'un coup d'État en 1970, Rifaat al Assad a joué un rôle clef durant le règne de la famille Assad en Syrie.
Frère cadet de Hafez al Assad, il a commandé la loyauté des forces d'élite qui ont écrasé le soulèvement des Frères musulmans dans la ville de Hama en 1982, au cours duquel des milliers de civils ont été tués.
Au cours de l'offensive de plusieurs semaines menée par les Brigades de défense de Rifaat al Assad pour reprendre aux islamistes la ville, située à l'est de la Syrie, entre 3.000 et 60.000 personnes, majoritairement civiles, sont tuées, selon les estimations. Les avocats de Rifaat al Assad ont toujours nié toute implication dans les actes allégués.
Rifaat al Assad, qui a nourri des ambitions présidentielles, a tenté en 1983 de s'emparer du pouvoir alors que son frère était hospitalisé, déployant ses troupes dans Damas. Rivaux, les deux frères ont évité un affrontement alors que Hafez a ramené Rifaat à la raison.
S'exilant en France en 1984 après son échec de coup d'Etat, Rifaat al Assad est nommé vice-président la même année, poste qu'il a occupé depuis l'étranger.
Après la querelle de trop, Hafez al Assad le destitue de son titre en 1998, sapant tout espoir de Rifaat de lui succéder à la présidence.
À la mort de Hafez en 2000, Rifaat s'oppose, en vain, au transfert du pouvoir à son neveu Bachar et se déclare comme étant le successeur légitime.
En 2011, alors que la Syrie est en proie à la rébellion, Rifaat al Assad s'exprime depuis l'étranger pour exhorter Bachar al Assad à quitter rapidement le pouvoir afin d'éviter une guerre civile.
Rifaat al Assad est pourtant autorisé à retourner en Syrie en 2021, en pleine guerre civile, alors qu'il est menacé d'incarcération en France où il a été reconnu coupable d'avoir acquis des millions d'euros de biens immobiliers en utilisant des fonds détournés de l'État syrien.
Il est contraint de fuir à nouveau le pays en 2024 après l'éviction de Bachar al Assad par des rebelles islamistes. S'il a d'abord tenté de s'enfuir par une base aérienne russe, l'entrée lui a été refusée et il s'est ensuite réfugié au Liban en traversant, sur le dos d'un collaborateur d'après une source, le cours d'eau délimitant la frontière.
Exilé en Suisse, Espagne et France au cours de sa vie, il s'est finalement éteint aux Émirats arabes unis, a fait savoir une source.
(Rédigé par Timour Azhari et Tom Perry ; version française Etienne Breban ; édité par Augustin Turpin)