Syrie-Damas et les FDS annoncent un accord d'intégration et de cessez-le-feu
information fournie par Reuters 30/01/2026 à 11:55

Le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) sont convenus d'un accord prévoyant un cessez-le-feu global et l'intégration progressive des organes militaires et administratifs kurdes dans l'État syrien, ont-ils annoncé vendredi.

Damas et les FDS ont annoncé cet accord après que les forces gouvernementales syriennes, sous le commandement du président Ahmed al Charaa, ont repris ce mois-ci de vastes zones du nord et de l'est de la Syrie aux Kurdes.

Le sort des FDS, qui contrôlaient autrefois plus d'un quart du territoire syrien, est l'un des enjeux majeurs du pays depuis la chute de Bachar al Assad en 2024.

En vertu de l'accord, les forces qui s'étaient massées sur les lignes de front dans le nord du pays se retireront et les forces du ministère de l'Intérieur se déploieront dans les centres des villes de Hassaké et Qamichli, actuellement contrôlées par les FDS.

La formation d'une division militaire qui comprendra trois brigades des FDS est prévue par l'accord, qui stipule également la formation d'une brigade pour les forces dans la ville de Kobané, contrôlée par les FDS, qui sera affiliée au gouvernorat d'Alep.

Les institutions gouvernementales mises en place par les groupes kurdes dans le nord-est seront fusionnées avec les institutions étatiques syriennes.

Tom Barrack, envoyé américain pour la Syrie et impliqué dans la médiation entre Damas et les FDS, a déclaré vendredi que l'accord constituait "une étape importante et historique dans le processus de réconciliation nationale, d'unité et de stabilité durable en Syrie".

ACCORD DÉFINITIF ET IMMÉDIAT

Damas et les FDS avaient conclu un accord d'intégration en mars dernier, mais la lente progression dans sa mise en œuvre a ouvert la voie à l'avancée des forces gouvernementales dans les territoires contrôlés par les Kurdes.

Noah Bonsey, conseiller principal du groupe de réflexion International Crisis Group, a déclaré que l'accord annoncé vendredi constituait "un tournant potentiellement historique".

"Il semble que les deux parties aient réussi à trouver un terrain d'entente qui leur convient à toutes les deux sur des questions incroyablement difficiles", a-t-il estimé.

"Cela épargne au nord-est de la Syrie ce qui aurait pu être un affrontement militaire vraiment violent. La mise en œuvre sera délicate. De nombreux défis nous attendent", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il attendait de voir tous les termes de l'accord.

Selon l'accord tel qu'annoncé par les FDS, celui-ci vise "à unifier le territoire syrien et à parvenir à une intégration complète dans la région en renforçant la coopération entre les parties concernées et en unifiant les efforts pour reconstruire le pays".

La chaîne publique syrienne al Ikhbariya a publié une déclaration similaire, citant un responsable de Damas.

Un haut responsable du gouvernement syrien a déclaré à Reuters que l'accord était définitif et avait été conclu tard dans la nuit de jeudi. Sa mise en œuvre devait commencer immédiatement.

LES KURDES RESTENT EN ÉTAT D'ALERTE

Les FDS étaient autrefois le principal allié syrien de Washington et a aidé l'armée américaine à combattre le groupe État islamique en Syrie. Leur entente s'est affaiblie lorsque le président américain Donald Trump a noué des liens étroits avec Ahmed al Charaa.

Les zones saisies par Damas ce mois-ci comprennent les principaux champs pétrolifères de Syrie et d'importantes terres agricoles.

Les déclarations de vendredi n'ont pas abordé la question du contrôle du dernier poste-frontière vers le nord de l'Irak encore contrôlé par les FDS et connu sous le nom de Semalka.

Un responsable syrien a déclaré que Damas prendrait le contrôle de tous les postes-frontières. Un porte-parole des FDS n'a pas répondu à une question de Reuters dans l'immédiat sur ce poste-frontière.

Selon le responsable syrien, la division militaire dans le nord-est du pays comprendrait "des groupes des FDS au sein de brigades, aux côtés d'autres brigades".

Il a ajouté que les combattants rejoindraient ces brigades à titre "individuel" et que l'ensemble de la division serait placé sous l'autorité du ministère syrien de la Défense.

Les FDS n'ont pas immédiatement répondu aux questions sur la méthode d'intégration et la structure de commandement des brigades.

(Jana Choukeir et Maya Gebeily; rédigé par Tom Perry; version française Etienne Breban; édité par Augustin Turpin)