SYNTHESE 3-Discussions directes USA-Iran au Pakistan pour mettre fin au conflit
information fournie par Reuters 11/04/2026 à 16:08

par Ariba Shahid, Asif Shahzad et Parisa Hafezi

Des délégations américaine et iranienne ont mené samedi des négociations directes à Islamabad au Pakistan pour mettre fin à un conflit de six semaines, les deux pays menant de premières discussions à plus haut niveau depuis la révolution islamique à Téhéran en 1979 et des premiers pourparlers directs depuis 2015 et la conclusion d'un accord multilatéral sur le programme nucléaire iranien.

Les discussions directes initiales ont duré deux heures avant une première pause entre la délégation américaine, menée par le vice-président américain, J.D. Vance, Jared Kushner et Steve Witkoff, et la délégation iranienne représentée par le président du parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a-t-on appris d'une source pakistanaise. Le chef de l'armée pakistanaise faisait également partie de la réunion.

Dès le début des entretiens, des divergences sont apparues quant à au contenu des accords.

Un dirigeant américain, cité par le média Axios, a déclaré que des navires de la marine américaine avaient franchi samedi le détroit d'Ormuz, bloqué de facto par Téhéran depuis le début des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février dernier. La télévision d'Etat iranienne et une source pakistanaise ont rapidement démenti ces informations.

"Nous débutons désormais la libération du détroit d'Ormuz", a écrit Donald Trump sur son compte Truth Social, qui a rapporté que tous les navires iraniens poseurs de mines avaient été coulés.

Plus tôt, une source iranienne de haut rang a déclaré samedi que les Etats-Unis avaient accepté de débloquer des avoirs iraniens gelés au Qatar et dans des banques d'autres pays étrangers. Un tel geste, qualifié de gage de "sérieux" en vue de discussions directes, serait "directement lié" au fait de permettre une réouverture du détroit d'Ormuz, a dit cette source.

Un dirigeant américain a cependant démenti cette information. Le ministère des Affaires étrangères du Qatar n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire sur les avoirs iraniens gelés.

ISRAËL CONTINUE DE FRAPPER LE SUD-LIBAN

L'Iran réclame aussi un cessez-le-feu au Liban avant de négocier avec les Etats-Unis, alors que la campagne israélienne contre le Hezbollah libanais, allié de Téhéran, a fait près de 2.000 morts dans ce pays depuis début mars.

Mohammad Baqer Qalibaf a déclaré sur X que les discussions ne pourraient pas débuter tant que ces deux conditions ne seraient pas remplies.

Les Etats-Unis et Israël ont déclaré que le Liban n'était pas inclus dans le cessez-le-feu de deux semaines annoncé mardi pour l'Iran.

Parallèlement au ballet diplomatique engagé au Pakistan - où la délégation iranienne devrait aborder les violations du cessez-le-feu par l'armée israélienne au Liban, selon la télévision iranienne - Israël et le Liban ont annoncé qu'ils discuteraient directement mardi à Washington même si le flou demeure sur l'ordre du jour.

Israël a poursuivi ses frappes sur le sud du Liban samedi matin, ont rapporté les médias libanais. Des journalistes de Reuters ont entendu un drone de surveillance israélien voler pendant plusieurs heures au-dessus de Beyrouth depuis vendredi soir et des avions de chasse franchir à deux reprises le mur du son dans le ciel de la capitale libanaise.

Le Hezbollah a annoncé avoir mené samedi plusieurs opérations militaires contre des positions israéliennes dans le territoire libanais ainsi que dans le nord de l'Etat hébreu.

(avec les rédactions de Reuters, rédigé par Raju Gopalakrishnan et Charlie Devereux; version française Camille Raynaud, Bertrand Boucey et Zhifan Liu)