SYNTHESE 2-Discussions au Pakistan en vue d'un contact direct USA-Iran information fournie par Reuters 11/04/2026 à 12:50
par Ariba Shahid, Asif Shahzad et Parisa Hafezi
Des délégations américaine et iranienne se sont entretenues séparément samedi avec les dirigeants du Pakistan à Islamabad pour tenter de définir les bases d'un dialogue direct afin de mettre un terme à six semaines de guerre au Moyen-Orient, Téhéran ayant posé comme conditions préalables un cessez-le-feu au Liban et un dégel de ses avoirs.
La délégation américaine, emmenée par le vice-président JD Vance et les émissaires du président Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, est arrivée samedi matin à Islamabad.
La délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, est pour sa part arrivée au Pakistan vendredi. Ses membres étaient vêtus de noir en signe de deuil après la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février dès le premier jour des bombardements américains et israéliens sur l'Iran.
Si ces représentants des Etats-Unis et de l'Iran se rencontrent en face à face, il s'agira des discussions à plus haut niveau entre les deux pays depuis la révolution islamique à Téhéran en 1979 et des premiers pourparlers directs depuis 2015 et la conclusion d'un accord multilatéral sur le programme nucléaire iranien.
Donald Trump a sorti les Etats-Unis de cet accord en 2018 lors de son premier mandat à la Maison blanche, ce qui avait amené Ali Khamenei à interdire dès lors tout contact direct entre responsables américains et iraniens.
Une source iranienne de haut rang a déclaré samedi que les Etats-Unis avaient accepté de débloquer des avoirs iraniens gelés au Qatar et dans des banques d'autres pays étrangers. Un tel geste, qualifié de gage de "sérieux" en vue de discussions directes, serait "directement lié" au fait de permettre une réouverture du détroit d'Ormuz, a dit cette source.
ISRAËL CONTINUE DE FRAPPER LE SUD-LIBAN
Depuis le déclenchement du conflit, l'Iran bloque de fait quasiment tout passage via le détroit d'Ormuz, voie essentielle au commerce mondial du pétrole et du gaz.
Un responsable américain a par la suite démenti un tel dégel d'avoirs iraniens par les Etats-Unis.
L'Iran réclame aussi un cessez-le-feu au Liban avant de négocier avec les Etats-Unis, alors que la campagne israélienne contre le Hezbollah libanais, allié de Téhéran, a fait près de 2.000 morts dans ce pays depuis début mars.
Mohammad Baqer Qalibaf a déclaré sur X que les discussions ne pourraient pas débuter tant que ces deux conditions ne seraient pas remplies.
Les Etats-Unis et Israël ont déclaré que le Liban n'était pas inclus dans le cessez-le-feu de deux semaines annoncé mardi pour l'Iran.
Dans un message sur son réseau social, Donald Trump a déclaré vendredi que "les Iraniens ne semblent pas se rendre compte qu'ils n'ont aucune carte en main, autre que celle d'un racket à court terme des eaux internationales". "La seule raison pour laquelle ils sont encore vivants aujourd'hui, c'est pour négocier", a-t-il ajouté.
Avant son départ pour le Pakistan, JD Vance a dit espérer un résultat positif des pourparlers tout en avertissant: "S'ils essaient de se jouer de nous, ils trouveront face à eux une équipe de négociation pas très réceptive."
Parallèlement au ballet diplomatique engagé au Pakistan, Israël et le Liban ont annoncé qu'ils discuteraient directement mardi à Washington même si le flou demeure sur l'ordre du jour.
Israël a poursuivi ses frappes sur le sud du Liban samedi matin, ont rapporté les médias libanais. Des journalistes de Reuters ont entendu un drone de surveillance israélien voler pendant plusieurs heures au-dessus de Beyrouth depuis vendredi soir et des avions de chasse franchir à deux reprises le mur du son dans le ciel de la capitale libanaise.
(avec les rédactions de Reuters, rédigé par Raju Gopalakrishnan et Charlie Devereux; version française Camille Raynaud et Bertrand Boucey)