Suisse: Skyguide (trafic aérien) envisage 220 licenciements
information fournie par Boursorama avec AFP 19/05/2026 à 17:43

( AFP / FABRICE COFFRINI )

Skyguide, la société en charge du contrôle du trafic aérien en Suisse, envisage de supprimer jusqu'à 220 postes d'ici fin 2027, face à la pression sur ses coûts, a-t-elle annoncé mardi.

"L'objectif est de garantir la stabilité financière", a indiqué l'entreprise dans un communiqué, évoquant "une pression économique croissante" entre "des coûts du personnel et des systèmes en hausse" et "des recettes incertaines".

Une procédure de consultation a été ouverte. Les licenciements, qui pourraient se dérouler en deux temps, toucheraient les sites de Genève et de Dübendorf, dans l'agglomération de Zurich.

"Les mesures ne sont pas encore définies en détail", a précisé l'entreprise qui a invité les représentants du personnel et organisations syndicales à "soumettre des propositions visant à éviter les licenciements ou à en atténuer les effets".

L'entreprise emploie environ 1.900 personnes, dont 1.547 à temps plein, a-t-elle précisé à l'AFP.

Les licenciements pourraient concerner du personnel "administratif, opérationnel et technique" ainsi que "des postes cadres", a-t-elle indiqué à l'AFP.

En revanche, les contrôleuses et contrôleurs aériens en fonction ne seront pas touchés par ces potentielles suppressions d'emplois.

"Skyguide vise à conserver au sein de l'entreprise les talents clés qui sont essentiels à ses opérations", "la priorité absolue" étant "d'assurer la sécurité de l'espace aérien", a-t-elle insisté.

Chargée de garantir la sécurité du trafic aérien et la gestion économique des services de navigation aérienne civile et militaire, l'entreprise est détenue à 99,947% par la Confédération.

Lors de la publication début mars de son rapport annuel, Skyguide avait indiqué avoir mis en place une "task force" afin de "simplifier les procédures" et "renforcer les bases financières de l'entreprise".

En 2025, Skyguide a dégagé un bénéfice consolidé de 55,2  millions de francs suisses (60,2 millions d'euros), contre une perte de 18,9 millions de francs l'année précédente.

L'entreprise avait expliqué ce rebond de sa rentabilité par l'augmentation des redevances de navigation, avec une hausse de 38% de ses tarifs pour les survols et de 24 % pour les atterrissages dans une année record pour le trafic aérien.

Mais elle souligné que les défis "structurels" demeuraient au vu des "exigences réglementaires croissantes", des "investissements nécessaires" et de "l'augmentation des coûts du personnel".

L'an passé, ses frais de personnel se chiffraient à 382 millions de francs pour des dépenses totales de 576 millions de francs.