Suisse: l'identification des victimes se poursuit après l'incendie d'un bar, une quarantaine de morts dénombrés
information fournie par AFP 02/01/2026 à 04:05

Des fleurs déposées pèrs du bar Le Constellation, à Crans-Montana, en Suisse, le 1er janvier 2026 ( AFP / MAXIME SCHMID )

L'enquête et l'identification des victimes se poursuivent vendredi après un incendie dans un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana pendant la nuit de Nouvel An, qui a fait une quarantaine de morts et une centaine de blessés, selon le chef de la police locale.

D'importants moyens sont mobilisés "pour identifier les victimes et restituer leurs corps aux familles le plus rapidement possible", a indiqué Béatrice Pilloud, la procureure générale du canton du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse. "Ce travail pourra prendre plusieurs jours", a précisé le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler.

Le nombre de personnes présentes dans le bar, d'une capacité d'au moins 300 individus selon son site Internet, reste inconnu. Les autorités n'ont pas précisé combien de personnes étaient portées disparues.

"On a essayé de joindre nos copains. On a fait plein de photos. On a mis sur Instagram, Facebook, tous les réseaux sociaux possibles pour essayer de les retrouver", s'inquiète Eléonore, 17 ans. "Mais il n'y a rien. Pas de réponse. On a appelé les parents. Rien. Même les parents, ils ne savent pas", ajoute-t-elle.

L'incendie s'est déclaré vers 01H30 (00H30 GMT) jeudi dans le bar Le Constellation de Crans-Montana, fréquenté par des touristes - dont de nombreux jeunes - venus célébrer le Nouvel An, ont rapporté les autorités du canton du Valais.

Des témoins ont décrit des scènes d'horreur: des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s'échapper, tandis que d'autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.

"Nous dénombrons une quarantaine de personnes décédées et environ 115 blessés, la plupart grièvement", a annoncé jeudi le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler.

Jeudi soir, des centaines de personnes se sont rassemblées en silence dans un froid glacial pour rendre hommage aux victimes.

Les drapeaux du Palais fédéral suisse sont mis en berne pour cinq jours, a annoncé jeudi le président de la Confédération helvétique Guy Parmelin.

- Cellule de crise -

Neuf Français figurent parmi les blessés et huit autres ne sont pas encore localisés, a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères, alors que le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani a rapporté qu'une "quinzaine d'Italiens" avaient été blessés, et qu'autant étaient toujours portés disparus.

Cinq blessés sur 112 n'étaient pas identifiés, a indiqué jeudi soir à l'AFP l'ambassadeur d'Italie Gian Lorenzo Cornado.

Les autorités pensent que de nombreux étrangers font partie des victimes, mais elles n'ont encore donné aucun élément sur leur identité. Des blessés ont été transférés vers différents hôpitaux comme à Lausanne, Genève ou Zurich, et même en France et en Italie voisines.

A Crans-Montana, une cellule de crise a été installée dans le centre des congrès pour recevoir et orienter les familles.

Une enquête est en cours pour déterminer les causes de l'incendie, ont annoncé les autorités cantonales, excluant la piste de l'attentat.

"La piste aujourd'hui privilégiée est celle d'un embrasement généralisé qui a provoqué une déflagration", a indiqué Mme Pilloud.

Des sources concordantes ont indiqué jeudi à l'AFP que les propriétaires du bar étaient de nationalité française: il s'agit d'un couple originaire de Corse. Ils seraient indemnes, selon un proche, mais demeurent injoignables.

Plusieurs témoignages diffusés par différents médias concordent sur l'éventuelle cause du sinistre. Selon eux, des bougies-étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne ont provoqué l'incendie en touchant le plafond. Ces mêmes témoins ont précisé qu'il s'agissait d'un "show" habituel dans l'établissement.