Suisse-Citadins et électeurs âgés, acteurs clefs du rejet de la proposition de plafonnement de la population
information fournie par Reuters 15/06/2026 à 14:17

par Dave Graham

Les électeurs suisses âgés ainsi que les citadins ont joué un rôle clef dans le rejet, par 55% contre 45%, d'une proposition qui visait à plafonner à dix millions la population du pays, selon les données du référendum tenu dimanche.

Le résultat de ce scrutin - une initiative de l'Union démocratique du centre (UDC), parti de droite radicale, le mieux représenté au parlement suisse - a suscité le soulagement au sein du gouvernement et parmi les chefs d'entreprise.

En défendant cette idée de plafonnement de la population, qui aurait vraisemblablement mis fin à la libre circulation des travailleurs entre la Suisse et l'Union européenne (UE), l'UDC a cherché exploiter les inquiétudes de ceux qui pensent que surpopulation met à rude épreuve les services publics, alimente la criminalité et fait grimper les loyers.

Selon les chiffres publiés par le quotidien suisse Tages-Anzeiger, 60% des électeurs âgés de 65 ans et plus se sont opposés à la proposition, et 57% des 50-64 ans.

En revanche, 51% des 35-49 ans ont choisi de la soutenir. Parmi les 18-34 ans, 48% y étaient favorables, selon les données obtenues par le site d'information en ligne 20 Minuten/Tamedia auprès de l’institut de sondage Leewas.

Dans les plus grandes villes – Zurich, Genève, Bâle, Lausanne et Berne – le rejet de la proposition était plus importante que dans les cantons ruraux et conservateurs - principalement situé dans le centre de la Suisse centrale - dont les électeurs ont largement approuvé la mesure.

Les organisations patronales, le gouvernement et le parlement s'étaient opposés à cette dernière, estimant qu'elle compliquerait l'accès au marché du travail de l'UE, une source vitale de main-d’œuvre pour les entreprises suisses.

La proposition de l'UDC stipulait que la population suisse, actuellement à 9,1 millions de personnes, ne devait pas dépasser les dix millions avant 2050, et que si tel était le cas pendant deux ans, le pays devait mettre un terme à la liberté de mouvement avec l'Union européenne.

(Rédigé par Dave Graham, version française Rihab Latrache, édité par Benoit Van Overstraeten)