Statuettes reçues : Villepin reconnaît avoir commis "une erreur", accuse l'entourage de Sarkozy
information fournie par AFP 10/05/2026 à 19:44

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin lors d'une conférence à La Sorbonne, à Paris, le 27 mars 2026 ( AFP / JULIEN DE ROSA )

Dominique de Villepin, candidat potentiel à l'élection présidentielle, a reconnu dimanche avoir commis "une erreur" en acceptant deux statuettes en cadeau lorsqu'il était au Quai d'Orsay et qu'il a récemment rendues. Il a aussi dénoncé "une volonté de nuire" d'un proche de Nicolas Sarkozy.

"C'était une erreur. Je n'aurais pas dû les accepter", a déclaré sur France Inter l'ex-Premier ministre, rappelant qu'il "n'y avait pas d'encadrement de ces situations à l'époque".

Le lobbyiste Robert Bourgi a affirmé, dans l'émission "Complément d'Enquête" diffusée sur France 2, avoir servi d'intermédiaire pour offrir à Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères de 2002 à 2004, deux statuettes de Napoléon payées par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et par l'homme d'affaires italien Gian Angelo Perrucci.

Robert Bourgi, figure de la Françafrique, a déclaré qu'elles avaient été achetées respectivement 75.000 euros et 50.000 euros, soit une valeur totale de 125.000 euros.

Les montants réels sont "quatre à cinq fois inférieurs", selon l'entourage de Dominique de Villepin qui a indiqué que les statuettes avaient été données au ministère des Affaires étrangères lundi.

Dimanche, l'ex-Premier ministre a nié toute contrepartie en échange de ces statuettes. Robert Bourgi "a été écarté (des affaires; ndlr) par moi-même et par Jacques Chirac en 2004/2005. Ce qui montre bien qu'il n'y a aucune prise, aucune forme de lien qui puisse se nourrir à cette occasion".

Il a aussi contrattaqué en soulignant que "Monsieur Bourgi est un ami de 40 ans de Nicolas Sarkozy" et que ces "pseudos révélations interviennent à un moment où il connaît des moments difficiles dans une affaire judiciaire qui est l'affaire libyenne. Donc il est clair qu'il y a une volonté de nuire".

"Les insinuations sans aucun fondement de Dominique de Villepin sont absolument ridicules et totalement déplacées", a réagi auprès de l'AFP l'entourage de Nicolas Sarkozy.

Dans "Complément d'enquête", Robert Bourgi avait aussi affirmé que l'ancien chef de l'Etat, qui entretient de longue date de très mauvaises relations avec Dominique de Villepin, n'avait rien à voir avec ces révélations.

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