Sri Lanka : manifestation contre des projets de loi sur le terrorisme et la criminalité, jugés liberticides
information fournie par AFP 04/11/2026 à 12:27

Manifestation contre le projet de loi sur la Protection de l'État contre le terrorisme (PSTA), près du bâtiment du Parlement à Colombo, le 4 novembre 2026, au Sri Lanka ( AFP / Ishara S. KODIKARA )

Des milliers de manifestants ont défilé mercredi dans la capitale sri-lankaise, Colombo, pour exiger le retrait de deux projets de loi encadrant la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, jugés liberticides par la société civile.

Réunis à l'appel du Parti de l'avant-garde socialiste (FSP, opposition) et de ses alliés, les manifestants ont marché jusqu'au Parlement en scandant des slogans hostiles aux deux textes, sous forte protection de la police, avant de se disperser.

"Jusqu'à 72 heures dans les geôles de la police", dénonçait une banderole. "Un employé qui se met en grève est un terroriste", pouvait-on lire sur une autre.

Manifestation contre le projet de loi sur la Protection de l'État contre le terrorisme (PSTA), près du bâtiment du Parlement à Colombo, le 4 novembre 2026, au Sri Lanka ( AFP / Ishara S. KODIKARA )

Le nouveau texte antiterroriste proposé par le gouvernement étend jusqu'à 72 heures la durée des gardes à vue sans contrôle d'un magistrat, permet à la police de détenir un suspect pendant un an et renforce ses pouvoirs de surveillance.

L'autre renforce la répression du crime organisé, notamment en matière de trafic de stupéfiants.

L'ONU a estimé que ces textes définissaient le terrorisme dans des termes très vagues et qu'ils menaçaient l'exercice de libertés fondamentales comme celle de manifester, ainsi que le libre exercice de la profession de journaliste.

Une ONG, le Centre pour des politiques alternatives (CPA), a exigé le retrait des deux textes et a saisi la Cour suprême du pays d'un recours.

Grand vainqueur des législatives de 2024, le premier président de gauche de l'histoire du Sri Lanka, Anura Kumara Dissanayake, dispose d'une confortable majorité des deux tiers au Parlement qui lui assure l'adoption des deux projets de loi.