Sous-marins : le Canada choisit l'Allemand TKMS pour sa flotte, un "signal fort en faveur de la coopération européenne", selon Merz information fournie par Boursorama avec Media Services 07/07/2026 à 09:10
Le Premier ministre canadien Mark Carney a assuré qu'il s'agissait "du plus gros contrat" de matériel militaire jamais effectué par le Canada.
Entre les sud-coréens Hanwha Ocean et l'Europe, le Canada a fait son choix. Le Canada a sélectionné le groupe allemand Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) pour construire sa nouvelle flotte de sous-marins militaires, nouvelle preuve de sa volonté de rapprochement avec ses alliés européens.
"Je suis ravi d'annoncer que le Canada a choisi TKMS comme fournisseur privilégié" pour construire ces douze sous-marins, a déclaré lundi 6 juillet le Premier ministre canadien Mark Carney depuis une base militaire d'Halifax (est), juste avant de s'envoler pour le sommet de l'Otan en Turquie. Ottawa et TKMS vont donc "désormais ouvrir des négociations pour finaliser les contrats" d'ici fin 2027, a-t-il ajouté en précisant que les quatre premiers sous-marins, de type 212CD, seraient livrés en 2034.
L'Arctique attire des convoitises grandissantes
TKMS était en compétition pour ce contrat avec le groupe sud-coréen Hanwha Ocean, sélectionné l'an dernier comme autre finaliste. Si les négociations avec le groupe allemand échouaient, ce qui est improbable selon Mark Carney, le Canada pourrait toujours choisir l'offre du sud-coréen. "La souveraineté de notre pays, bordé par trois océans et par le plus long littoral du monde, dépend de nos capacités maritimes", a souligné Mark Carney, insistant en particulier sur l'importance géostratégique grandissante de l'Arctique et sur le rôle du Canada dans la défense de cette zone. Or, le Canada ne dispose que de quatre sous-marins vieillissants dont un seul est encore en état de naviguer.
Se réchauffant trois à quatre fois plus vite que le reste de la planète, l'Arctique attire des convoitises grandissantes, la fonte des glaces marines permettant un accès accru aux ressources (hydrocarbures, minéraux, poissons) et l'ouverture de nouvelles voies maritimes. Interrogé, Mark Carney a refusé de donner un montant précis pour ce contrat, estimé à plusieurs milliards de dollars canadiens. Mais il a assuré qu'il s'agissait "du plus gros contrat" de matériel militaire jamais effectué par le Canada et qu'il permettrait d'injecter plusieurs dizaines de milliards de dollars d'investissements dans l'économie du pays.
Le Canada a significativement accru ses dépenses en matière de défense depuis l'année dernière
Dépendant trop, en matière de sécurité, de son voisin américain, avec qui les relations sont tendues depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, le Canada cherche à renforcer les partenariats de défense avec ses alliés européens membres de l'Otan. Et ce contrat en est une nouvelle preuve. "A la veille de l'ouverture du sommet de l'Otan, le gouvernement canadien envoie ainsi un signal fort en faveur de la coopération transatlantique et européenne dans l'industrie de défense", s'est félicité le chancelier allemand Friedrich Merz dans un communiqué.
En mai, Ottawa avait entamé des négociations avec le géant suédois de l'armement Saab pour la construction d'au moins 40 avions radars GlobalEye, destinés notamment à la surveillance de l'Arctique. Et en fin d'année dernière, l'Union européenne et le Canada avaient annoncé un accord sur la participation des Canadiens à un programme européen d'aide à l'industrie de défense, dénommé Safe et doté de 150 milliards d'euros. Selon Wesley Wark, expert en matière de défense au sein du groupe de réflexion canadien Center for International Governance Innovation (CIGI), l'offre allemande avait de grandes chances de l'emporter face à Hanwha en raison de cette volonté de Mark Carney de se rapprocher de ses alliés européens de l'Otan. "Je pense que l'argument de l'Otan a été le facteur décisif", a-t-il dit à l'AFP.
Le Canada a significativement accru ses dépenses en matière de défense depuis l'arrivée de Mark Carney au pouvoir l'an dernier, et prévoit d'injecter un total de 82 milliards de dollars canadiens sur cinq ans, pour aligner progressivement le pays sur les objectifs de l'Otan de 5% du PIB d'ici 2035.