Sophie Binet déplore sa mise en examen pour des propos jugés diffamatoires sur Tefal information fournie par AFP 25/05/2026 à 12:16
La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a déploré lundi sur France 2 avoir été mise en examen après des propos sur "la répression syndicale qui sévit à Tefal", dans le cadre d'une action judiciaire confirmée par l'entreprise.
"J'ai appris vendredi que j'étais mise en examen suite au fait que j'ai dénoncé la répression syndicale qui sévit à Tefal", a expliqué Mme Binet.
Cela fait suite "à une plainte en diffamation de l’entreprise Tefal contre les propos de Sophie Binet: +la CGT de Tefal fait face à une répression patronale violente+ tenus lors d'un débat à la Fête de l'Humanité en septembre 2025", a indiqué la CGT dans un communiqué.
La mise en examen est quasi-automatique en cas de plainte pour diffamation.
Sollicité par l'AFP, Tefal a confirmé "avoir engagé une procédure judiciaire contre Madame Binet et ses co-auteurs".
"Cette procédure concerne des accusations publiques graves et erronées visant l’entreprise, que Tefal conteste fermement", indique l'entreprise, en précisant que la mise en examen "lui a été notifiée le 12 mars".
Mme Binet a expliqué que "la CGT alerte depuis des mois sur la dangerosité des PFAS, un composant chimique qui est utilisé pour les poêles de Tefal".
La coordinatrice CGT du groupe SEB (détenant la marque Tefal) et membre de la direction confédérale de la CGT a été sanctionnée en interne par le groupe pour avoir demandé des précisions sur ces composants, une sanction qu'elle contestera le 4 juin aux prud'hommes, selon la CGT.
Pour Mme Binet, Tefal "essaie de bâillonner les syndicalistes qui s'expriment sur les conditions de travail ou l'impact environnemental des productions".
Tefal de son côté affirme qu'"il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté syndicale, le droit de critique ou le débat public" mais estime que "la liberté d’expression ne permet pas d’imputer à une entreprise des faits inexacts".
"Tefal réfute toute accusation de répression syndicale", ajoute l'entreprise.
La CGT, estimant "anodins" les propos pour lesquels Mme Binet est poursuivie, affirme elle que "sur cette base, la quasi totalité des syndicalistes du pays pourraient être poursuivis".
La leader de la CGT a appelé les parlementaires et le gouvernement "à enfin mettre sur le tapis une loi pour protéger la liberté d'expression et la liberté syndicale qui aujourd'hui est en danger".
Mme Binet avait déjà été mise en examen en décembre pour "injure publique" après avoir qualifié en janvier à la radio les patrons de "rats qui quittent le navire" dont "le seul objectif, est l'appât du gain".