Sophie Adenot en route pour l'ISS, une première pour une Française depuis 25 ans information fournie par AFP 14/02/2026 à 04:33
L'astronaute Sophie Adenot doit intégrer samedi, avec deux Américains et un Russe, la Station spatiale internationale pour une mission d'environ huit mois qui marque le retour d'une Française dans l'espace après 25 ans d'absence.
Après plus de 30 heures de voyage, le vaisseau lancé par une fusée SpaceX depuis Cap Canaveral, en Floride, doit s'amarrer à l'ISS, située à 400 kilomètres de la Terre, autour de 20H15 GMT.
Deuxième femme française à être devenue astronaute, Sophie Adenot, 43 ans, réalisait à cette occasion son premier vol spatial.
"Prenons soin les uns des autres, osons rêver grand ensemble et continuons à viser toujours plus haut. C'est ainsi que l'humanité progresse", a-t-elle lancé en anglais lors d'une retransmission vidéo de la Nasa pour le décollage.
A ses côtés, les astronautes de l'agence spatiale américaine Jessica Meir, 48 ans, et Jack Hathaway, 43 ans, et le cosmonaute russe de Roscosmos, Andreï Fediaïev, 44 ans, vêtus comme elle de combinaisons blanches, ont aussi échangé quelques mots depuis l'habitacle du vaisseau.
- "Pour Sophie" -
A la cité des sciences de Paris, quelques centaines de personnes ont applaudi le franchissement par l'équipage Crew-12 des 100 km d'altitude, qui marquent le début de l'espace selon la convention internationale.
Confiant son "émotion brute", l'astronaute belge Raphaël Liégeois, présent lors de cette retransmission, a dit à l'AFP sa "fierté" de voir sa camarade de promotion "ouvrir la marche".
A Toulouse (sud-ouest), fief de l'agence spatiale française (Cnes), d'autres centaines de personnes s'étaient rassemblées pour l'occasion à la Cité de l'espace.
"On est là pour Sophie, pour assister à l'émotion et l'intensité du décollage", a expliqué, au milieu de la foule, Frédérique Rossignol, 68 ans.
Ingénieure de formation et ancienne pilote d'essai, Sophie Adenot n'est que la deuxième Française à aller dans l'espace, après la pionnière Claudie Haigneré en 1996 et 2001.
C'est d'ailleurs un vol de cette dernière qui lui a donné "le déclic" alors qu'elle avait 14 ans, avait-elle récemment confié. "A ce moment-là que je me suis dit +un jour ce sera moi+."
Devenue son mentor, Claudie Haigneré avait fait le déplacement jusqu'en Floride pour le décollage.
Sophie Adenot avait également été encouragée à distance par le président Macron dans une vidéo diffusée sur le réseau social X et dans laquelle apparaissent diverses personnalités, dont l'astronaute français Thomas Pesquet.
Ce dernier, apprécié pour sa bonhomie, avait relancé l'intérêt du grand public pour l'espace lors de deux séjours passés dans l'ISS. Comme lui, Mme Adenot compte user des réseaux sociaux pour partager ce qui sera son quotidien à 400 kilomètres de la Terre
- Laboratoire unique -
Occupée en permanence depuis 25 ans, l'ISS constitue un laboratoire scientifique sans pareil mais aussi l'un des derniers espaces de coopération internationale entre Occidentaux et Russes.
Cette aventure collaborative est néanmoins appelée à prendre fin en 2030, quand la Station spatiale internationale sera mise à la retraite, ouvrant la voie à la privatisation de ce domaine.
En attendant, les agences spatiales entendent profiter au maximum de ce laboratoire unique en son genre. Lors de sa mission, Sophie Adenot participera à plus de 200 expériences scientifiques.
Ces dernières porteront sur la microgravité, pour étudier notamment ses effets à long terme sur le corps humain, mais aussi sur l'environnement spatial.
La Française testera par exemple EchoFinder, un système mis au point par le Centre national d'études spatiales (Cnes), qui doit permettre aux astronautes de réaliser des échographies en totale autonomie, grâce à l'intelligence artificielle et à la réalité augmentée.
Avec ses camarades, elle devrait rentrer sur Terre en octobre.