Sommet Poutine-Xi-Trump : Volodymyr Zelensky craint un nouveau Yalta et des grandes puissances qui se redistribuent les "sphères d'influence" information fournie par Boursorama avec Media Services 28/10/2026 à 10:46
"Je pense que la Russie souhaite cette rencontre plus que quiconque", a estimé le président ukrainien, qui appelle à ne pas accorder à Moscou un tel "avantage diplomatique majeur".
Un nouveau Yalta ? La rencontre envisagée entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping ouvrirait-elle à une "redistribution des sphères d'influence" entre les trois plus grandes puissances mondiales ? C'est la crainte du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a mis en garde mercredi 28 octobre contre une réédition de la conférence de février 1945, au cours de laquelle États-Unis, Union soviétique et Grande-Bretagne avaient organisé l'après-guerre en redessinant notamment des frontières.
Une telle réunion à trois, qui serait la première dédiée entre les dirigeants américain, russe et chinois, est en préparation en marge du sommet de l'Apec (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique) prévu à la mi-novembre, selon Moscou. Donald Trump a dit y être favorable.
"Ce dont la Chine, la Russie et les États-Unis pourraient discuter n'a pas encore été clairement défini à ce jour (...) Nous ne voulons vraiment pas que cela se transforme en Yalta 2, 3, 4, avec une redistribution des sphères influences", a déclaré Volodymyr Zelensky. La conférence de Yalta de février 1945, tenue en Crimée entre les dirigeants des États-Unis, du Royaume-Uni et de l'Union soviétique, avait servi à organiser l'après-guerre en redessinant notamment des frontières, aboutissant à terme à une division de l'Europe en deux blocs. Elle est restée dans l'Histoire comme le symbole de grandes puissances décidant du sort de nations plus petites sans leur participation directe.
"Avantage diplomatique majeur"
La Russie tente depuis des années d'obtenir des États-Unis une entente globale sur l'architecture de la sécurité en Europe et notamment sur un arrêt de l'expansion de l'Otan près des frontières russes, que Moscou considère comme une menace existentielle.
"Je pense que la Russie souhaite cette rencontre plus que quiconque" , a souligné Volodymyr Zelensky, appelant à ne pas donner à Moscou "un nouvel avantage diplomatique majeur".
Parallèlement, une réunion entre Russes, Ukrainiens et Américains est prévue en novembre aux Émirats arabes unis pour relancer les efforts de paix autour de l'Ukraine, à l'arrêt depuis le début de l'année.
"Nous souhaiterions vivement que notre réunion à Abou Dhabi ait lieu avant" la rencontre en marge de l'Apec, a dit le président ukrainien.
Kiev espère avant tout obtenir un cessez-le-feu maritime pour sécuriser ses exportations céréalières perturbées par les attaques russes en mer Noire, ainsi qu'une trêve dans le secteur énergétique avant l'hiver.
La Russie rejette toute pause dans les combats avant qu'un accord sur le fond ne soit conclu.