Séisme au Venezuela : l'Amérique de Trump en "sauveur", nouveau bilan de 1.719 morts information fournie par AFP 29/06/2026 à 22:17
Les Etats-Unis poursuivaient lundi leur mobilisation pour "sauver" le Venezuela et y accroître une aide internationale "vitale" afin de retrouver d'ultimes miraculés, cinq jours après le double séisme qui a fait au moins 1.719 morts, tandis que des dizaines de milliers de personnes sont toujours portées disparues, dans le nord de ce pays.
Des centaines de corps se trouvent dans des morgues de fortune aménagées dans des entrepôts du port de La Guaira, à 40 km de Caracas, qui a été la zone la plus durement touchée par les tremblements de terre, a constaté lundi une journaliste de l'AFP.
Près de 130 Marines ont été déployés pour aider aux réparations de ce même port, près de la capitale Caracas, où "ils travaillent jour et nuit pour (...) permettre l'acheminement par voie maritime de fournitures vitales", selon un responsable américain.
Symbole fort, l'USS Fort Lauderdale, un navire amphibie de transport de troupes et de matériel, est actuellement ancré dans les eaux de cette cité balnéaire, dont la plupart des résidences avec piscine se sont effondrées comme des châteaux de carte.
Sur des images de drones de l'AFPTV, on peut voir des quartiers entiers dans lesquels aucun immeuble n'a résisté aux secousses sismiques. Les secours, dont de nombreuses unités spécialisées en provenance du monde entier, s'y activent avec méthode, devant les proches de disparus les yeux rivés sur les décombres dans l'espoir de retrouver les leurs vivants.
Le bilan provisoire est passé lundi de 1.450 à 1.719 morts, selon le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez, qui a fait état de 5.034 blessées. Les Nations unies évaluent à environ 50.000 le nombre des disparus.
"On me dit que ma sœur et ses enfants sont là-bas, ainsi que les enfants de mon frère", a déclaré Wilker Molalla, 25 ans, devant l'une des morgues improvisées de La Guaira. "Nous attendons l'arrivée de nouvelles camionnettes et ce genre de choses pour qu'on puisse nous remettre leurs corps avec le procès-verbal d'autopsie et les documents", a expliqué ce rescapé.
10.000 sacs mortuaires
L'ONU, qui prévoit un très lourd bilan, va fournir 10.000 sacs mortuaires, sur la base d'une estimation de 2.500 structures touchées, "dont la plupart totalement effondrées"
"C'est ce que nous avons décidé avec les autorités. C'est très triste et nous espérons vraiment que le chiffre sera moins important que ça", a confié le coordinateur de l'ONU au Venezuela, Gianluca Rampolla Del Tindaro.
Selon les chiffres de ce responsable, 27 pays ont mobilisé plus de 40 équipes de secours, soit "plus de 2.000 secouristes et autres personnes sur le terrain, avec plus de 160 chiens".
Ces équipes internationales ont réussi à extraire sept victimes en vie des décombres dimanche. Chaque contingent prend soin de publier sur internet d'émouvantes et spectaculaires vidéos de ses secouristes tirant des décombres ces blessés hagards, en larmes et traumatisés.
A La Guaira mais aussi à Caracas, notamment à l'aéroport Simon Bolivar, l'armée américaine, son Southcom (commandement pour l'Amérique latine et les Caraïbes) à la manoeuvre, se déploie avec toute la force de sa logistique, au gré des atterrissages de ses aéronefs.
Objectif : "fournir une aide essentielle et salvatrice sur le terrain", a souligné le Département d'Etat, louant le "travail courageux" des sauveteurs américains aux côtés de leurs "partenaires" sur place.
Plus tôt lundi, les Etats-Unis ont annoncé doubler le montant de leur aide au Venezuela, avec désormais un total de 300 millions de dollars dirigés vers ONG et agences onusiennes.
Plusieurs centaines de soldats américains sont actuellement déployés au Venezuela. Washington et Caracas se sont rapprochés depuis la capture en janvier par les Etats-Unis du président vénézuélien, Nicolas Maduro, et le gouvrnementde Donald Trump appuie fortement la cheffe de l'Etat par intérim Delcy Rodriguez, tout en prenant le contrôle des secteurs miniers et des hydrocarbures dans le pays disposant des plus grandes réserves de pétrole du monde.
Plus de 609 répliques
Lundi matin, une nouvelle secousse, d'une magnitude de 4,6, a fait trembler Caracas et La Guaira, où la frustration augmente face à une mobilisation gouvernementale jugée insuffisante.
"Nous n’avons pas de signalements de dommages supplémentaires dans aucune partie du territoire national", a affirmé M. Jorge Rodriguez, comptabilisant "609 répliques" depuis la tragédie du 24 juin.
La secousse a été fortement ressentie par la population. "Nous l’avons tous sentie. La panique a été horrible", a commenté à l'AFP affirmé Fernan Hernandez, 57 ans, devant l'immeuble de cinq étages qui a enseveli son frère, José René Hernandez, également à La Guaira.
Dès lors que les grandes catastrophes naturelles ne laissent guère plus de 72 heures pour retrouver des survivants, le Venezuela oscille entre farouche volonté de sauver des vies supplémentaires et exaspération à l'égard d'autorités qualifiées de défaillantes ou des militaires trop passifs.
"Tout le monde dit qu'il ne reste plus personne mais nous sommes toujours là à attendre. Pour voir si nous pouvons encore faire sortir quelqu'un", explique Eduardo Cardozo, un ouvrier agricole aidant les sauveteurs dans une zone sinistrée de Tucacas, sur la côte.
"Nous avons retrouvé des personnes vivantes (...). Nous gardons toujours l'espoir", a affirmé dimanche la présidente par intérim Delcy Rodriguez, cible de très vives critiques pour la passivité des autorités aux premiers jours de la tragédie.
Pendant de nombreuses heures avant l'arrivée des premiers secouristes étrangers, les Vénézuéliens ont dû fouiller les décombres à mains nues par manque d'engins de chantier et de levage.
Le gouvernement a restreint l'accès à l'Etat de La Guaira en imposant aux bénévoles l'obtention d'un laissez-passer.
Les dommages sont évalués à près de sept milliards de dollars, soit 6% du PIB national, selon l'ONU.
Le drame frappe un pays en proie depuis des années à une grave crise économique et à des troubles politiques récurrents.