Santé mondiale : les associations "révoltées" après la décision de la France de réduire d'un milliard d'euros ses investissements
information fournie par Boursorama avec Media Services 13/02/2026 à 15:06

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot à Riga, en Lettonie, le 15 janvier 2026. ( AFP / GINTS IVUSKANS )

"La France abandonne et met à mort des millions de personnes", a réagi Camille Spire, présidente de AIDES et porte-parole de l'ensemble des organisations, dont One, Solidarité Sida, Solthis, Sidaction et Zéro palu.

Une décision qui "révolte" les associations. La France va nettement réduire ses aides à la santé mondiale, en particulier au Fonds mondial contre les maladies infectieuses, a prévenu ce vendredi 13 février le ministère des Affaires étrangères, se défendant de tout désengagement.

Le ministère a fait part d'une "baisse des investissements français dans le domaine de la santé mondiale", dans un message à l'AFP, soulignant que "de fortes contraintes pèsent actuellement sur nos finances publiques". La diminution concerne essentiellement le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Pour les trois prochaines années, la France promet 660 millions d'euros de dons, soit un milliard d'euros en moins que lors de la période 2023-2025.

Créé en 2002, le Fonds mondial, qui rassemble des Etats et des acteurs privés, fournit trois quarts du financement international contre la tuberculose et un tiers des moyens engagés mondialement contre le sida. Déjà, en novembre, lors d'un sommet dédié à la collecte de ressources pour le Fonds mondial, la France n'avait fait aucune promesse de dons, alors qu'elle constitue en temps normal le deuxième contributeur à ce fonds, après les Etats-Unis. De manière générale, le Fonds avait levé nettement moins d'argent qu'espéré, dans un contexte notamment marqué par un désengagement massif des Etats-Unis de l'aide internationale depuis le début du second mandat du président Donald Trump.

La baisse des financements "doit être appréciée sur le temps long"

La baisse des financements français a été vivement critiquée par plusieurs des principales associations de lutte contre le VIH et le paludisme qui, dans un communiqué commun, l'ont accusée de déserter la lutte contre les pandémies. "Nous sommes révoltés par cette démission de la France vis-à-vis des malades, de ses engagements internationaux et de la coopération multilatérale", commente Camille Spire, présidente de AIDES et porte-parole de l'ensemble des organisations, dont One, Solidarité Sida, Solthis, Sidaction et Zéro palu. "La France abandonne et met à mort des millions de personnes".

Le ministère des Affaires étrangères s'est défendu d'un désengagement général de la santé mondiale, mettant notamment en avant les contributions françaises à d'autres programmes d'aide internationale, dont Unitaid, qui vise à faciliter l'accès aux médicaments, et Gavi, qui est centré sur les vaccins. Quant au Fonds mondial, la France promet d'y rester active, arguant que la baisse de ses financements "doit être appréciée sur le temps long, au regard du fort engagement historique et particulièrement des dernières années".