Russie-Le procès du journaliste américain Evan Gershkovich s'ouvre à huis clos information fournie par Reuters 26/06/2024 à 09:57
(Actualisé avec l'apparition d'Evan Gershkovich)
Le journaliste américain Evan Gershkovich, détenu en Russie, est brièvement apparu mercredi devant les journalistes à l'ouverture de son procès à huis clos pour espionnage, une accusation qu'il rejette.
Crâne rasé, Evan Gershkovich, âgé de 32 ans, s'est présenté dans un box en verre vêtu d'une chemise aux manches retroussées.
Aucun journaliste, ami, membre de la famille ni représentant de l'ambassade des Etats-Unis ne sera autorisé à assister aux débats au sein du tribunal d'Ekaterinbourg, où Evan Gershkovich risque jusqu'à 20 ans de prison s'il est reconnu coupable.
Le parquet russe affirme que le journaliste du Wall Street Journal, arrêté en mars 2023, a recueilli des informations confidentielles sur le fournisseur de chars d'assaut Ouralvagonzavod sur ordre de la CIA américaine.
Evan Gershkovich, son employeur et le gouvernement américain rejettent ces accusations. Le président américain Joe Biden a qualifié la détention du journaliste de "totalement illégale".
Les procès à huis clos sont une procédure courante en Russie pour les affaires de trahison ou d'espionnage présumés impliquant des documents d'État classés.
Le Kremlin affirme que l'affaire et ses modalités relèvent de la compétence du tribunal mais a déclaré, sans preuves à l'appui, qu'Evan Gershkovich avait été pris "la main dans le sac".
Almar Latour, directeur général de Dow Jones, propriétaire du Wall Street Journal, a déclaré lors d'un entretien téléphonique avec Reuters qu'il s'agissait d'un "faux procès".
"Il s'agit de fausses accusations portées par un régime autocratique qui mène une guerre contre le journalisme et les informations fiables dans le pays comme à l'étranger", a-t-il dit.
Détenu depuis près de 16 mois à la prison moscovite de Lefortovo, Evan Gershkovich n'est pas le seul Américain emprisonné en Russie, dont les relations avec les Etats-Unis se sont gravement détériorées du fait de l'invasion russe de l'Ukraine.
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que la Russie était ouverte à l'idée d'un échange de prisonniers impliquant Evan Gershkovich et que des contacts avaient été noués avec les Etats-Unis mais que leur teneur devait rester secrète.
Les Etats-Unis accusent quant à eux Moscou de pratiquer une "diplomatie de l'otage".
(Rédaction de Reuters, rédigé par Mark Trevelyan; version française Stéphanie Hamel et Augustin Turpin, édité par Blandine Hénault)