Rugby-Le XV de France féminin avec un nouveau sélectionneur pour briser son plafond de verre aux Six Nations
information fournie par Reuters 09/04/2026 à 11:35

Lancement officiel des Six Nations féminines 2026

Le XV de France féminin lance samedi contre l'Italie (13h25 à Grenoble) son ‌Tournoi des Six Nations et tentera de briser le plafond de verre que représente l'Angleterre en s'appuyant sur son nouveau sélectionneur François Ratier.

En novembre, deux mois après la ​décevante quatrième place à la Coupe du monde, François Ratier a été nommé à la tête des Bleues, succédant ainsi au duo David Ortiz-Gaëlle Mignot en poste depuis 2023.

Le technicien de 53 ans est une référence du rugby féminin international grâce à son passage à la tête de la sélection canadienne, qu'il a emmenée jusqu'en ​finale de la Coupe du monde 2014.

Il a également assuré un court intérim à la tête de l'équipe masculine du Canada avant de revenir en France, en 2023, pour remporter deux titres de champion de France en ​2024 et 2025 avec le Stade bordelais.

"Ça n'était pas planifié. Mais quand on entraîne ⁠des joueuses de haut niveau, entraîner pour son pays d'origine, c’est forcément dans un petit coin de sa tête", admettait-il le mois dernier lors ‌du lancement officiel du Tournoi, à Londres, en présence des six sélectionneurs et capitaines. "C'est devenu de plus en plus concret avec l'aventure à Bordeaux, avec les lionnes du Stade bordelais."

François Ratier a pris ses fonctions en janvier et a pu découvrir son groupe lors ​de deux stages de quatre jours en février puis en ‌mars avant le rassemblement commencé fin mars en amont des Six Nations.

Il ne débarque de toute façon pas dans ⁠l'inconnu puisqu'il a convoqué 11 joueuses du Stade bordelais, où il a commencé la saison sur le banc, parmi les 32 sélectionnées pour préparer la compétition.

"La dynamique est très, très bonne, il y a une nouvelle énergie. Ils savent où ils veulent aller, et je pense que ça nous donne beaucoup de confiance", déclarait le mois ⁠dernier la capitaine française Manae Feleu.

"On ‌a confiance en ce qu'ils disent parce qu'ils savent de quoi ils parlent. Ils connaissent la direction dans laquelle ils veulent ⁠nous emmener."

"NE PAS VIVRE DANS LE PASSÉ"

La direction ? "Je veux aller vers un rugby plus précis, sans perdre ce qui est l'ADN des Françaises dans l'envie de jouer, de ‌produire", expliquait-il au journal L'Équipe, en novembre. "J'aimerais qu'on impose un jeu, un tempo, une identité, pour ne pas être en réaction en fonction ⁠de qui on joue."

Le défi de l'équipe de France est connu si elle souhaite retrouver le chemin du titre ⁠dans le Tournoi des Six Nations, qu'elle ‌n'a plus remporté depuis 2018 : battre l'Angleterre.

Les Bleues ont terminé deuxièmes des six dernières éditions, à chaque fois derrière les Red Roses, septuples tenantes du titre et championnes ​du monde en septembre dernier.

En 2025, lors de la dernière journée décisive pour l'attribution du ‌sacre, les Tricolores s'étaient inclinées d'un point (43-42) après un début de match raté (7-31 après 24 minutes). En septembre, elles ont concédé une 17e défaite de rang face aux Anglaises en demi-finales du Mondial (35-17) ​malgré une prestation valeureuse.

"Il faut tirer de ces matches-là des expériences positives. Mais il ne faut pas vivre dans le passé, chaque match est différent", estime François Ratier.

"Toutes les équipes ont des faiblesses. La France a failli les battre, même en Coupe du monde. Seulement, il y a des moments de bascule dans ⁠un match et aujourd'hui, l'équipe d'Angleterre est capable de vivre ces moments de bascule positivement alors que ses adversaires, non."

Comme lors des quatre dernières éditions, la France défiera l'Angleterre à l'occasion de la cinquième et dernière journée de la compétition, le 17 mai à Bordeaux, afin de ménager le suspense sur l'issue d'une épreuve que les deux nations se partagent depuis 2016.

"Cette dernière marche (qui sépare la France de l'Angleterre) est claire : la manière de combler cet écart d'un point l'an passé repose sur les détails et la constance", a prévenu Manae Feleu. "Il ne s'agit pas seulement de se réveiller en deuxième mi-temps, mais de faire une performance sur l'ensemble des 80 ​minutes."

(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Benoit Van Overstraeten)