Rubio en tournée éclair chez les Européens pro-Trump
information fournie par Reuters 15/02/2026 à 12:05

par Humeyra Pamuk

Marco Rubio a entamé dimanche une visite de deux jours en Europe de l'Est où il entend resserrer les liens avec la Slovaquie et la Hongrie, dont les dirigeants entretiennent des relations chaleureuses avec le président Donald Trump tout en prenant parfois leurs distances avec les recommandations de la présidence américaine.

Le secrétaire d'État américain utilisera ce déplacement pour aborder la coopération énergétique et des questions bilatérales, notamment les engagements au sein de l'OTAN, a précisé la semaine dernière le département d'État.

"Ce sont des pays (...) très coopératifs avec les États-Unis, qui travaillent en étroite collaboration avec nous", soulignait jeudi Marco Rubio avant de s'envoler pour Munich.

Dans son double rôle, il exerce également les fonctions de conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. Dimanche, il a rencontré le président slovaque Peter Pellegrini au début de sa visite à Bratislava.

Il devait ensuite rencontrer dimanche le Premier ministre slovaque Robert Fico. Ce déplacement intervient après sa participation à la Conférence sur la sécurité de Munich ces derniers jours.

RENCONTRE AVEC VIKTOR ORBAN LUNDI

Lundi, Marco Rubio doit également s'entretenir le dirigeant hongrois Viktor Orban, en difficulté dans la plupart des sondages avant une élection prévue en avril qui pourrait l'évincer du pouvoir

"Le président a dit qu'il le soutenait fortement et nous aussi", a affirmé Marco Rubio.

Viktor Orban, l'un des plus proches alliés de Donald Trump en Europe, est considéré par de nombreux partisans de la droite dure américaine comme un modèle pour les politiques fermes du président américain en matière d'immigration, de soutien aux familles et de conservatisme chrétien.

Budapest a accueilli à plusieurs reprises des conférences Conservative Political Action Conference, qui rassemblent militants et dirigeants conservateurs, une nouvelle édition étant prévue en mars.

LIENS AVEC MOSCOU ET FRONTS OUVERTS AVEC L'UE

Robert Fico comme Viktor Orban partagent notement comme point commun le fait de s'être heurtés aux institutions européennes lors de procédures portant sur un recul des règles démocratiques.

Ils ont également maintenu des liens avec Moscou, critiqué et parfois retardé l'instauration de sanctions européennes contre la Russie et se sont opposés à l'envoi d'aide militaire à l'Ukraine.

Alors que d'autres pays de l'UE ont sécurisé de nouvelles sources d'énergie après l'invasion de l'Ukraine par Moscou en 2022, notamment en achetant du gaz américain, la Slovaquie et la Hongrie ont continué d'acheter du gaz et du pétrole russes, une pratique critiquée par les États-Unis.

Marco Rubio a indiqué que cette question serait abordée durant sa brève tournée, sans fournir de détails.

Robert Fico, qui a décrit l'Union européenne comme une institution en "profonde crise", a multiplié les louanges envers Donald Trump, affirmant qu'il ramènerait la paix en Europe tout en dénonçant l'enlèvement par les États-Unis du président vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.

Autre sujet de discorde, La Hongrie et la Slovaquie n'ont pour l'heure pas accédé à la demande de Donald Trump visant à porter les dépenses militaires de tous les membres de l'OTAN à 5% du PIB.

Sur le plan nucléaire, la Slovaquie a signé un accord le mois dernier avec les États-Unis, et Robert Fico a déclaré que la société américaine Westinghouse était susceptible de construire une nouvelle centrale nucléaire.

(Humeyra Pamuk; version française Nicolas Delame)