Royaume-Uni: recul inattendu du chômage avant l'impact de la guerre
information fournie par Boursorama avec AFP 21/04/2026 à 11:16

( AFP / SAMEER AL-DOUMY )

Le taux de chômage au Royaume-Uni a connu un recul inattendu au cours des trois mois achevés fin février, à 4,9%, mais cette embellie risque d'être de courte durée au vu des conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

Parallèlement à la baisse du chômage, "les données laissent penser que moins d'étudiants cherchent un travail à côté de leurs études", a détaillé mardi Liz McKeown, directrice des statistiques économiques l'Office national des statistiques (ONS).

Le taux de chômage avait augmenté presque sans discontinuer depuis le retour au pouvoir des travaillistes à l'été 2024 et s'était hissé à des niveaux inédits depuis début 2021.

Il était attendu stable par les économistes, à 5,2%, mais est finalement redescendu fin février à ses niveaux de l'été dernier, selon les données publiées mardi par l'ONS.

La semaine dernière, l'institut statistique avait aussi fait état d'une hausse surprise de 0,5% du produit intérieur brut (PIB), autre indice que l'économie britannique amorçait un redressement en début d'année.

Mais la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, qui a fait s'envoler les prix des hydrocarbures et met sous pression une économie britannique particulièrement dépendante du gaz, promet de changer la donne.

"L'impact croissant de la crise au Moyen-Orient sur les entreprises et sur l’économie au sens large ne peut être ignoré. La hausse des coûts de l’énergie se répercute rapidement, comprimant les marges des entreprises et ébranlant la confiance", résume Joe Nellis, économiste chez MHA.

De leur côté, les entreprises britanniques préviennent aussi que la baisse du chômage ne durera pas.

"Notre dernière prévision anticipe un taux de chômage de 5,5% cette année", indique dans un communiqué Patrick Milnes, des Chambres de commerce britanniques, pointant notamment un coût de l'emploi en hausse.

Et "le ralentissement de la croissance des salaires indique que les entreprises lèvent le pied, et que le marché du travail va continuer à se dégrader", selon lui.