Royaume-Uni: l'inflation grimpe à 3,3% en mars, dopée par les prix des carburants
information fournie par Boursorama avec AFP 22/04/2026 à 09:39

( AFP / SAMEER AL-DOUMY )

Le taux d'inflation au Royaume-Uni a grimpé à 3,3% sur un an en mars, contre 3% en février, a annoncé mercredi l'Office national des statistiques (ONS), dopé par l'envolée des prix des hydrocarbures avec la guerre au Moyen-Orient.

L'accélération de l'inflation, en ligne avec les attentes des économistes, s'explique "largement par la hausse des prix des carburants, qui ont connu leur plus forte progression en près de trois ans", a résumé Grant Fitzner, économiste en chef de l'ONS.

Le pays n'est pas le seul à voir l'inflation accélérer dans la foulée de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, qui a entraîné une flambée des prix du pétrole et du gaz.

Les Etats-Unis ont vu l'indice des prix à la consommation (CPI) bondir de 3,3% en mars (contre 2,4% en février). En zone euro, il a augmenté de 2,6% (contre 1,9% le mois précédent).

Au Royaume-Uni, où l'économie avait pourtant semblé amorcer un redressement en début d'année, la hausse des prix met une pression supplémentaire sur le gouvernement travailliste de Keir Starmer, déjà en difficulté après un énième rebondissement de l'affaire Mandelson (une déclinaison britannique de l'affaire Epstein).

"Ce n'est pas notre guerre, mais elle fait grimper les factures des familles et des entreprises. C'est pourquoi ma priorité numéro un est de maintenir les coûts au plus bas", a réagi la ministre des Finances Rachel Reeves dans un communiqué.

Le gouvernement britannique a notamment annoncé mardi une réforme pour éviter que la hausse des prix du gaz n'influe de manière démesurée sur ceux de l'électricité, en favorisant les énergies renouvelables.

Le Royaume-Uni, dont les finances publiques sont extrêmement serrées, reste pourtant l'un des rares pays occidentaux à n'avoir pas encore annoncé de nouvelles mesures de soutien direct aux ménages face à la hausse des prix à la pompe depuis le début du conflit.

Un gel d'une taxe sur les carburants, déjà en place depuis plusieurs années et régulièrement reconduit, doit en principe être supprimé progressivement à partir de septembre.

"Je rejette les appels à une réponse irréfléchie à cette crise, une réaction qui mettrait en danger les finances des ménages en provoquant une inflation plus élevée et une hausse des taux d'intérêt", avait argumenté Rachel Reeves mardi dans un discours au Parlement.