Royaume-Uni: hausse surprise du PIB en février, avant la guerre au Moyen-Orient information fournie par Boursorama avec AFP 16/04/2026 à 09:46
Le Royaume-Uni a enregistré une hausse inattendue de 0,5% de son produit intérieur brut (PIB) en février, dernier mois avant le début de la guerre au Moyen-Orient, qui devrait profondément affecter l'économie du pays.
Ce chiffre, annoncé jeudi par l'Office national des statistiques (ONS), est bien supérieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur une progression de 0,1%.
La croissance pour le mois de janvier est pour sa part revue légèrement en hausse, à 0,1%, alors qu'une stagnation avait initialement été annoncée.
Ces chiffres constituent une bonne nouvelle pour le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui peine à relancer la croissance depuis son retour au pouvoir en juillet 2024 et dont le parti devrait subir de lourdes pertes lors des élections locales prévues le mois prochain.
Mais la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par de premières frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, devrait couper cet élan et avoir un fort impact sur l'économie du pays dans les mois à venir, notamment à cause de la hausse des prix de l'énergie.
Selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI) cette semaine, le Royaume-Uni est le pays plus affecté par la guerre parmi les économies avancées, avec une croissance attendue à 0,8% cette année, en baisse de 0,5 point par rapport à l'estimation de janvier.
La ministre britannique des Finances Rachel Reeves, actuellement à Washington pour les réunions de printemps du FMI, avait dit mardi ressentir "une grande frustration et une grande colère que les Etats-Unis se soient engagés dans cette guerre sans plan de sortie clair".
"Je pense vraiment que c'est une folie, et c'en est une qui touche les familles ici au Royaume-Uni, mais aussi les familles aux Etats-Unis et dans le monde entier", avait-elle insisté dans une interview au Daily Mirror.
La guerre a mis à mal les efforts du gouvernement britannique pour contrer la hausse des prix. Le retour d'une inflation aux alentours de 2%, initialement prévu pour le mois d'avril par la Banque d'Angleterre, est désormais de l'histoire ancienne.
Contrairement à d'autres pays, le Royaume-Uni n'a pas mis en place de mesures de soutien aux ménages face à la hausse des prix à la pompe (+19% pour l'essence et +34% pour le diesel, selon les statistiques nationales publiées mardi).
Rachel Reeves, avec ses homologues de dix autres pays dont le Japon ou l'Australie, a appelé mercredi à mettre en place une réponse économique "coordonnée, responsable et réactive" à la guerre au Moyen-Orient, face aux risques "sur la croissance, l'inflation et les marchés".