Le procès de Rima Hassan pour apologie du terrorisme renvoyé en octobre information fournie par AFP 07/07/2026 à 17:46
Le procès de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, qui devait être jugée à Paris mardi pour apologie du terrorisme, a été renvoyé sur demande de la défense, au désarroi des parties civiles et du ministère public.
La militante pour la Palestine, élue au Parlement européen en 2024, sera jugée les 19 et 20 octobre.
"C'est une première victoire parce que c'est un désaveu significatif pour les parties civiles. Elles ont tenté de produire leurs arguments au dernier moment, elles ont tenté de le faire en violation des droits de la défense", a estimé Me Vincent Brengarth, l'avocat de l'élue, à la sortie de la salle d'audience.
La justice reproche à Mme Hassan, qui a quitté le tribunal sans faire de déclaration, un post publié sur son compte X fin mars dans lequel elle mentionnait le Japonais Kōzō Okamoto, l'un des auteurs de l'attaque perpétrée à l'aéroport de Tel-Aviv en 1972, qui avait tué 26 personnes.
Ce tweet, ensuite supprimé, avait été signalé au parquet par le ministre de l'Intérieur, puis par l'Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.
Me Brengarth a formulé une demande de renvoi à l'ouverture du procès, fustigeant "un déferlement de constitutions de parties civiles (...) qui produisent des arguments, qui produisent des pièces nouvelles dans le but d'obtenir la condamnation de Rima Hassan". Le ministère public et les avocats de la dizaine de parties civiles s'y sont opposés.
A la mi-journée, des centaines de personnes se sont rassemblées sur le parvis du tribunal correctionnel pour soutenir l'eurodéputée, dont plusieurs députés LFI, le leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon ou encore le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Devant la petite foule compacte agitant des drapeaux palestiniens et des pancartes à l'effigie de Rima Hassan, l'élue insoumise a dénoncé la "répression" subie par les défenseurs de la cause palestinienne et appelé "à faire bloc", "pour la démocratie, pour l'Etat de droit et pour la liberté d'expression".
Brigitte, architecte de 63 ans, a expliqué à l'AFP s'être déplacée pour "soutenir une femme courageuse et travailleuse", mais surtout pour protester contre "ces anathèmes qui essayent de flinguer la gauche".
Plus de 200 personnalités avaient signé une tribune publiée dimanche dans L'Humanité en soutien à l'eurodéputée, dont la Prix Nobel de littérature Annie Ernaux et l'ex-ministre Christiane Taubira.
Le placement en garde à vue de Rima Hassan le 2 avril avait eu un fort retentissement politico-médiatique.
Me Brengarth avait dénoncé une garde à vue "parfaitement illégale" en raison d'"un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet" pour "contourner" son immunité parlementaire.
Par ailleurs, des fuites dans la presse avaient fait état de la présence de drogue de synthèse dans son sac. Mais l'enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants l'avait démentie par la suite.
L'élue franco-palestinienne a porté plainte, dénonçant une violation du secret de l'enquête.
Dans le cadre de deux autres procédures, Rima Hassan doit également comparaître le 16 septembre pour les chefs d'"apologie publique de crime ou délit" et "provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit".