"Rien ne nous détournera de l'Ukraine", dit Macron au côté de Zelensky
information fournie par Reuters 13/03/2026 à 17:01

Le président français Emmanuel Macron et le président ukrainien Volodymyr Zelensky assistent à une réunion bilatérale au palais de l'Élysée à Paris

La Russie "se trompe" si elle croit que "la guerre en Iran ‌va lui offrir un répit", a déclaré vendredi Emmanuel Macron en recevant Volodimir Zelensky à l'Elysée pour un entretien consacré aux moyens de ​renforcer la pression sur Moscou à l'heure où le conflit au Moyen-Orient relègue au second plan le front ukrainien.

"Rien ne nous détournera de l'Ukraine", a ajouté le président français en rappelant que le G7 avait réaffirmé il y a deux jours que la montée des cours du brut ​ne devait en aucun cas conduire à revoir la politique de sanctions à l'encontre de Moscou. "C'est la position du G7. C'est la position de la France et de l'Europe", a-t-il ​dit.

Réagissant à la décision de Washington d'alléger les sanctions sur le pétrole ⁠russe dans le but de stabiliser les marchés mondiaux de l'or noir, Emmanuel Macron a estimé qu'il s'agissait d'une mesure "exceptionnelle et ‌limitée" qui "ne revient pas de manière durable et large" sur les sanctions que les Etats-Unis ont eux-mêmes décidées.

Volodimir Zelensky a quant à lui déploré une décision qui pourrait rapporter quelque 10 milliards de dollars à la Russie. "Cela ​ne contribue certainement pas à la paix", a-t-il dit.

Emmanuel ‌Macron a assuré le président ukrainien du soutien sans faille de la France.

"Alors que nous sommes ⁠confrontés à une accélération des événements et des crises, et que les yeux pour beaucoup sont braqués sur l'Iran, cette visite du président Zelensky (...) me permet de réaffirmer avec force que rien ne nous détournera de l'Ukraine, des efforts que nous y faisons", a déclaré le président ⁠français.

Il a promis de continuer ‌à fournir à Kyiv des équipements militaires pour faire face aux forces russes. "Nous allons accélérer sur certaines capacités et ⁠continuer d'innover aussi pour que la production soit plus rapide", a-t-il déclaré sans autres détails.

La guerre lancée le 28 février par les Etats-Unis ‌et Israël contre l'Iran, et la réplique de la République islamique dans l'ensemble de la région, soulèvent des questions sur ⁠la fourniture à l'Ukraine d'équipements de défense, aérienne en particulier, par les pays occidentaux, alors que ⁠les monarchies du Golfe puisent dans ‌leurs stocks pour faire face aux attaques de drones et de missiles iraniens.

SOUTIEN POLITIQUE ET FINANCIER

Volodimir Zelensky a déclaré cette semaine que les ​pays du Golfe avaient utilisé en quelques jours davantage de missiles PAC-3 ‌contre les frappes iraniennes que l'Ukraine n'en a reçu des Etats-Unis en plus de quatre ans. Il n'a pas précisé quelle était la source de ces chiffres.

"Nous allons ​parler des systèmes de défense aérienne. Nous voulons obtenir les nouveaux SAMP/T, de nouvelle génération, le plus rapidement possible", a dit le président ukrainien dans une interview à Ouest-France publiée vendredi avant son entretien à l'Elysée, en référence aux systèmes de missiles sol-air français.

Evoquant les ⁠missiles américains Patriot, il a dit avoir besoin du "soutien politique" d'Emmanuel Macron "pour parler avec certains États, afin de nous aider à obtenir des missiles supplémentaires".

Sur le plan financier, Emmanuel Macron a assuré que l'engagement de l'Union européenne à accorder un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine serait "tenu" en dépit de l'opposition de la Hongrie.

"Si des désaccords s'expriment, c'est le devoir de chaque nation de tenir les promesses qui sont faites et les engagements politiques qui ont été pris par tous en décembre dernier", a-t-il ajouté à l'adresse de Budapest.

(John Irish, Jean-Stéphane Brosse pour ​la version française, édité par Sophie Louet)