Retour confirmé aux Etats-Unis d'un cas de parasite dévastateur pour le bétail information fournie par AFP 05/06/2026 à 00:24
Soixante ans après son éradication du sol américain, un parasite ravageur pour le bétail a été détecté dans le sud du Texas, ont confirmé les autorités américaines, qui ont lancé une course contre la montre pour stopper sa progression.
"Nous avons confirmé la présence de la lucilie bouchère du Nouveau Monde chez un veau âgé de trois semaines" et "pris des mesures immédiates pour endiguer et éradiquer le foyer" de contamination, a déclaré jeudi la ministre américaine de l'Agriculture Brooke Rollins lors d'une conférence de presse.
Pour l'instant, "aucun autre cas" n'a été détecté, a-t-elle ajouté.
Si le risque pour les humains reste "faible" selon les autorités sanitaires, la détection de ce cas, confirmé mercredi soir par des analyses, inquiète vivement les éleveurs, notamment du secteur bovin.
La lucilie bouchère est une sorte de mouche dont la larve se nourrit de la chair d'animaux, créant des lésions graves et potentiellement mortelles.
Elle peut affecter le bétail, mais aussi la faune sauvage, les animaux domestiques et l'homme.
Les Etats-Unis avaient réussi à l'éradiquer en 1966 puis étaient parvenus à éliminer une résurgence dans le sud de la Floride en 2017.
Mais le parasite est resté présent en Amérique du Sud et a progressé vers le nord ces dernières années, inquiétant les autorités américaines.
- Largage de mouches-
Ces dernières ont toutefois appelé la population et les éleveurs à garder leur calme.
"Ces mouches ne s'attaquent pas à la viande, aux fruits, aux légumes ni à d'autres aliments", a expliqué à la presse Lewis Dinges, vétérinaire en chef du Texas.
Et leurs ravages peuvent être prévenus et soignés grâce à une surveillance étroite et des traitements, a-t-il expliqué.
"Il ne s'agit pas d'une maladie infectieuse, et ces mouches doivent pondre leurs oeufs dans, sur ou près d'une blessure pour qu'un animal soit infesté", a-t-il détaillé, enjoignant les propriétaires à surveiller de près l'apparition de lésions chez leurs animaux.
Au-delà de cette surveillance, les autorités ont annoncé une série de mesures, parmi lesquelles la création d'une zone de quarantaine de 20 kilomètres autour de la ferme où le cas a été détecté, mais aussi le largage de millions de mouches stériles.
C'est grâce à cette technique développée dans les années 1950 que les Etats-Unis ont réussi à se défaire de ce parasite par le passé.
Partant du principe que les femelles ne se reproduisent en principe qu'une fois, les scientifiques stérilisent en laboratoire des mouches mâles, élevées en masse, puis les relâchent dans les airs ou au sol, ce qui limite la reproduction de l'espèce dans la zone.
Les autorités américaines poursuivent encore cette pratique et vont l'intensifier pour faire face à cette nouvelle résurgence. Des millions de mouches stériles supplémentaires ont ainsi été larguées sur la zone cette semaine, et des millions d'autres, au stade de chrysalide, sont déployées au sol.
- "Pas de panique" -
"Il ne faut pas que cette détection sème la panique, mais elle doit servir à souligner l'importance de la sensibilisation" à cette menace, estime Jennifer Bloodgood, vétérinaire.
"Une détection précoce, une notification rapide et une collaboration transfrontalière sont essentielles pour empêcher ce parasite de se réimplanter aux États-Unis", poursuit l'experte.
Le gouvernement américain collabore sur le sujet avec le Mexique, et avait suspendu l'an passé à plusieurs reprises l'importation du bétail en provenance de son voisin du sud en raison de la prolifération de la lucilie bouchère sur son territoire.
Après l'annonce du cas américain, les prix des jeunes bovins à la Bourse de Chicago ont augmenté jeudi, le marché redoutant un repli des animaux disponibles.
Selon le ministère de l'Agriculture, le coût d'une résurgence du parasite pourrait coûter 1,8 milliard de dollars rien qu'à l'échelle du Texas.