Reprise possible du dialogue USA-Iran malgré le blocus
information fournie par Reuters 14/04/2026 à 11:54

par Ariba Shahid, Trevor Hunnicutt et Parisa Hafezi

Des équipes de négociateurs des États-Unis et de l'Iran pourraient revenir à Islamabad cette semaine pour reprendre les discussions visant à mettre fin à la guerre, ont confié mardi plusieurs sources à Reuters, après l'échec des négociations du week-end qui a conduit Washington à imposer un blocus des ports iraniens.

Malgré la vive réaction de Téhéran au blocus américain, des signes de poursuite d'un engagement diplomatique ont contribué à calmer les marchés pétroliers, les prix de référence repassant sous les 100 dollars mardi.

Les discussions au plus haut niveau entre les deux pays depuis la Révolution islamique de 1979 se sont achevées sans percée dans la capitale pakistanaise durant le week-end, faisant douter des chances de survie d'un cessez-le-feu de deux semaines dont une semaine est déjà écoulée.

Une source impliquée dans les pourparlers a expliqué mardi que les négociateurs pourraient revenir dès la fin de la semaine, une proposition ayant été partagée avec Washington et Téhéran pour renvoyer leurs délégations.

"Aucune date ferme n'a été fixée, les délégations gardant les journées de vendredi à dimanche ouvertes", a précisé une source iranienne de haut rang sous le sceau de l'anonymat.

Le président américain Donald Trump a déclaré que l'Iran avait pris contact lundi et souhaitait conclure un accord, ajoutant qu'il ne validerait aucun arrangement permettant à Téhéran de posséder une arme nucléaire.

Depuis le début de la guerre le 28 février, l'Iran a de facto fermé le détroit d'Ormuz à tous les navires à l'exception des siens, affirmant que le passage serait soumis à un contrôle iranien. Près d'un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz transitaient auparavant par cette voie maritime.

En réponse, l'armée américaine a commencé lundi à bloquer le trafic maritime entrant et sortant des ports iraniens. L'Iran a menacé de frapper les navires militaires empruntant le détroit et de riposter contre les ports de ses voisins du Golfe.

PRÉVISIONS ÉNERGÉTIQUES RÉVISÉES

Ce blocus assombrit les perspectives de la sécurité énergétique mondiale et ne bénéficie que de peu de soutien international.

Des alliés de l'Otan, dont la Grande-Bretagne et la France, ont prévenu qu'ils ne participeraient pas au blocus et appelé à la réouverture de la voie maritime.

L'Agence internationale de l'énergie a abaissé mardi ses prévisions de croissance de l'offre et de la demande mondiales de pétrole, estimant que les deux reculeraient par rapport aux niveaux de 2025 en raison de la guerre au Moyen-Orient.

Le vice-président américain J.D. Vance, chef de la délégation américaine, a affirmé lundi que Washington avait clarifié auprès de Téhéran les points sur lesquels des concessions étaient possibles et ceux sur lesquels il resterait inflexible.

Il a rappelé que Donald Trump exigeait le retrait de tout matériau nucléaire enrichi d'Iran et la mise en place d'un mécanisme de vérification garantissant que le pays ne développe pas d'arme nucléaire.

CESSEZ-LE-FEU FRAGILE

Confronté chez lui à l'impopularité du conflit et à la hausse des prix de l'énergie, Donald Trump a suspendu la campagne de bombardements américano-israélienne mercredi dernier.

Le cessez-le-feu a globalement tenu durant sa première semaine malgré une rhétorique agressive des deux camps mais sans impact spectaculaire sur les cours du brut.

Un porte-parole militaire iranien a qualifié les restrictions américaines sur la navigation internationale d'actes de "piraterie", avertissant qu'aucun port du Golfe ou du golfe d'Oman ne serait en sécurité si les ports iraniens étaient menacés.

Après une période de flou, le Commandement central de l'armée américaine a quant à lui précisé que le blocus visait uniquement les navires entrant ou sortant des ports iraniens et n'entraverait pas le transit neutre à destination de ports non iraniens.

(Bureaux Reuters, version française Nicolas Delame)