Réindustrialisation : "De plus en plus d'efforts", à maintenir sur la durée, pour éviter un retour en arrière, selon Bpifrance
information fournie par Boursorama avec Media Services 11/03/2026 à 17:10

Sans soutien à la création d'entreprises ou de sites industriels, "ce serait de nouveau le toboggan" des fermetures en Europe.

Nicolas Dufourcq à Duppigheim, le 18 mars 2024. ( AFP / SEBASTIEN BOZON )

Les efforts de réindustrialisation de la France, objectif des différents gouvernements d'Emmanuel Macron, "est sur un plateau", qui nécessite "de plus en plus d'efforts" pour s'y maintenir, a estimé mercredi 11 mars le directeur général de Bpifrance Nicolas Dufourcq.

Sans soutien à la création d'entreprises ou de sites industriels, "ce serait de nouveau le toboggan" des fermetures en Europe, et notamment en France , a-t-il averti lors d'une conférence de presse à Paris, citant "les industries mécaniques, automobiles, la plasturgie ou la chimie", victimes de la concurrence chinoise.

À ses yeux, la "mobilisation générale de tous les acteurs" français permet de "limiter les dégâts". Pour l'instant, "le loup n'arrive pas à rattraper les petits cochons de l'industrie française", a-t-il expliqué, en marge de la présentation des résultats d'un observatoire concernant l'industrie.

La banque publique d'investissement, qui a "mobilisé 7,95 milliards d'euros" en 2025 pour soutenir 12.100 entreprises industrielles, a recensé 245 inaugurations de sites industriels en 2025, pour 244 fermetures.

Les fermetures de sites ont surtout concerné les grands groupes en 2025, selon l'organisation, qui inclut dans les ouvertures les créations d'usines, les "lignes pilotes" et les extensions de sites existants.

Bonne dynamique de start-ups

Le cabinet Trendeo avait lui annoncé avoir constaté beaucoup plus de fermetures que d'ouvertures de sites industriels en France en 2025. Le solde était de -63, "un niveau qui n'avait plus été atteint" depuis 2013.

De son côté, Bpifrance se réjouit d'une dynamique de startups à vocation industrielle qui "reste positive" à fin 2025, avec 3,7 milliards d'euros levés (contre 2,8 milliards d'euros un an plus tôt) et 75 sites industriels inaugurés. Investir dans ces entreprises présente un risque très élevé car peu d'entre elles trouvent leur modèle économique, comme l'a montré l'exemple récent d'Ynsect.

Cette entreprise spécialisée dans la production de protéines et d'engrais à base d'insectes a été liquidée abruptement début décembre, après avoir bénéficié d'environ 148 millions d'euros de financements publics depuis 2012, avait indiqué Bercy début janvier.

"Les Chinois auraient remis 100 millions dans Ynsect, nous, on ne pouvait pas", a déclaré Nicolas Dufourcq mercredi.

"Les Chinois, ça ne leur pose aucun problème d'avoir échoué sur 30 Ynsect avant de réussir. Et là, ils mettent le paquet et deviennent leaders mondiaux. Vous ne pouvez pas réindustrialiser sans casser des œufs", avait-il déjà estimé mi-février.