Référendum en Islande sur les négociations d'adhésion à l'UE information fournie par Reuters 29/08/2026 à 05:00
par Tom Little et Johan Ahlander
L'Islande se prononce samedi sur une réouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne (UE) lors d'un référendum qui s'annonce très serré.
Les électeurs islandais sont partagés à parts égales entre les partisans de l'ouverture de ces négociations et ceux qui estiment que l'Islande doit rester hors de l'UE.
Un sondage publié vendredi par Gallup a montré qu'une courte majorité d'électeurs était opposé à la reprise des négociations. D'autres sondages réalisés récemment faisaient ressortir une courte majorité en faveur des négociations.
Les partisans du "oui" estiment que rejoindre l'UE pourrait mener à une baisse des taux d'intérêt et offrir davantage de sécurité au pays dans un monde déstabilisé par la guerre en Ukraine ou les menaces du président américain Donald Trump d'acquérir le Groenland.
Pour les partisans du "non", rejoindre le bloc menacerait la souveraineté de l'Islande et le secteur de la pêche, essentiel à l'économie de l'île.
Le scrutin du 29 août ne porte pas sur l'adhésion en soi et si la réponse à une reprise des pourparlers avec l'UE est positive, cela obligerait l'Islande à organiser un second référendum sur l'adhésion à l'Union européenne.
QUESTIONS ANCIENNES, URGENCE NOUVELLE
"Je pense que l'Islande ferait mieux de ne pas adhérer à l'UE", a dit jeudi l'ancienne Première ministre Katrin Jakobsdottir aux journalistes après un évènement de campagne des opposants au projet organisé à Reykjavik, la capitale islandaise.
"Pour un pays comme le nôtre, avec notre petite économie, il est très important de conserver notre souveraineté et de ne pas transférer davantage de pouvoir que nécessaire à l'UE."
L'Islande a déposé sa candidature à l'UE en 2009, après l'effondrement de son système bancaire l'année précédente. Quatre années de négociations plus tard, un gouvernement eurosceptique a suspendu le processus en 2013.
Les nouvelles tensions géopolitiques ont entraîné une urgence nouvelle sur une question dont les Islandais débattent par intermittence depuis des décennies.
La ministre des Affaires étrangères, Thorgerdhur Katrin Gunnarsdottir, partisane du "oui", a déclaré la semaine dernière à Reuters que le scrutin de samedi pouvait se résumer à une simple question: L'Islande peut-elle se permettre de rester isolée dans un monde ou les anciennes certitudes s'écroulent?
"L'ordre international qui sous-tendait pendant des décennies notre sécurité et notre prospérité subit d'importantes pressions", a-t-elle affirmé.
"Dans un moment comme celui-ci, les petits pays doivent réfléchir attentivement à l'endroit où ils se tiennent, et qui se tient à leurs côtés."
TAUX D'INTÉRÊT ET COÛT DE LA VIE
En Islande, les débats se sont davantage concentrés sur les questions des taux d'intérêt, des droits de pêche et du coût de la vie que sur celle de la sécurité.
L'Islande est aux prises avec une inflation élevée et persistante, et à une hausse des taux d'intérêt qui s'avère punitive pour les emprunteurs.
Les partisans du "oui" disent que rejoindre l'UE et, peut-être, adopter l'euro pourrait apporter un certain soulagement. Le taux directeur de la banque centrale islandaise est de 8,0%, contre 2,25% pour celui de la banque centrale européenne.
"Cela ne résoudrait pas les problèmes structurels du pays, mais cela pourrait devenir un catalyseur pour une économie plus saine", a dit Vilhjalmur Hilmarsson, économiste en chef chez Viska, l'un des syndicats les plus importants d'Islande.
La cheffe de l'opposition islandaise Gudrun Hafsteinsdottir, qui a mené la campagne du "non", a estimé que la question économique était exagérée.
"Ce ne sont pas des problèmes que Bruxelles réglera pour nous. Ce sont des problèmes que les hommes et les femmes politiques islandais doivent résoudre", a-t-elle affirmé.
LA PÊCHE, POINT DE CONTENTIEUX
L'île, dont les paysages volcaniques ont servi de décor à la série Game of Thrones de HBO, vit de la pêche, de l'aluminium et du tourisme.
Les opposants à une adhésion à l'UE affirment que l'Islande bénéficie déjà d'un accès au marché unique européen grâce à l'Espace économique européen, sans les coûts ni les obligations d'une adhésion complète. Ils estiment également qu'obtenir une exemption permanente de Bruxelles sur la pêche serait difficile.
"Je sais que l'Union européenne promettra de la souplesse, surtout au début, mais nous savons que cela ne s'inscrira pas dans la durée", a dit Gudrun Hafsteinsdottir.
Les bureaux de vote ouvriront leurs portes à 09h00 GMT et fermeront à 22h00.
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LE POINT sur le référendum en Islande sur les négociations d'adhésion à l'UE. (Full Story)
(avec Stine Jacobsen et Louise Rasmussen à Copenhague; version française Camille Raynaud)