Réchauffement et santé des personnes âgées : les dangers exacerbés du tandem chaleur/humidité ont été sous-estimés pendant des années, révèle une étude
information fournie par Boursorama avec Media Services 18/08/2026 à 13:39

Une étude menée par l'université de Stanford pointe les carences de modèles de prévision, qui ont longtemps basé leurs mesures sur des personnes jeunes et en bonne santé. La question des températures est en outre restée décorellée des niveaux d'humidité, dont la combinaison constitue pourtant un facteur de risques accrus pour les populations les plus vulnérables.

( AFP / OLI SCARFF )

La science a t-elle bien pris la mesure des risques de la chaleur sur l'être humain? Une étude publiée mardi 18 août dans le Lancet Planetary Health avance que le réchauffement climatique va, lors des prochaines décennies, exposer les personnes âgées à une hausse des températures encore plus dangereuse que prévu.

Les résultats de ces modélisations, réalisées par des chercheurs américains de l'université de Stanford, prennent une actualité particulière alors que l'Europe et l'Amérique du Nord vivent un été exceptionnellement chaud. La France, notamment, a été l'un des pays les plus frappés par des chaleurs anormales avec plusieurs canicules, dont l'une d'une ampleur sans précédent fin juin pour une surmortalité estimée à plus de 6.000 décès.

Les chercheurs de Stanford ont cherché à établir à quel point le réchauffement climatique allait exposer les personnes âgées à des niveaux intolérables de températures d'ici à 2100. Ce champ de recherche est déjà bien couvert. Mais, préviennent les chercheurs, les précédentes études semblent avoir nettement sous-estimé les risques encourus par les personnes âgées, car elles se basaient sur des connaissances en partie obsolètes.

La "chaleur intolérable" frappera plus fort, plus de monde, plus longtemps

En cause, un indicateur crucial: la température humide. Comme son nom l'indique, il prend non seulement en compte le degré de chaleur lui-même mais aussi celui d'humidité, car la même température est nettement plus dangereuse quand elle est associée à un temps plus humide.

Or, les risques liés à un niveau donné de température humide ont, pendant longtemps, été mesurés sur des personnes jeunes et en bonne santé, ces seuils ayant ensuite été appliqués à tous les groupes d'âge sans distinction. Des recherches plus récentes, impliquant des personnes plus âgées, montrent ainsi que les dangers pour ces dernières avaient été sous-estimés.

En intégrant ces nouvelles connaissances, puis en les croisant avec des modélisations prenant en compte le vieillissement attendu de la population mondiale au cours des prochaines décennies, les auteurs ont conclu qu'une "chaleur intolérable frappera beaucoup plus de gens qu'estimé auparavant, à une échelle bien supérieure et pendant des durées plus longues".

A titre d'exemple, si d'ici 2100 le monde se réchauffe de 1,5°C par rapport à l'époque pré-industrielle, 22% des personnes de plus de 60 ans seront alors exposées chaque année à une chaleur dangereuse pendant plus d'un mois, selon ces modélisations dont les résultats restent dépendants de divers choix méthodologiques.

Les auteurs soulignent que les pays les plus à risques sont ceux où de larges pans de la population n'ont pas les moyens de se protéger de la chaleur. L'étude mentionne ainsi spécifiquement les cas de l'Inde, du Pakistan, du Bangladesh, du Myanmar et du Niger. Les auteurs appellent à la fois à des mesures pour faciliter l'accès à des outils comme la climatisation, et à réduire les émissions de carbone.