Réactions à l'international après les frappes d'Israël et des USA contre l'Iran information fournie par Reuters 28/02/2026 à 15:29
Israël et les États-Unis ont lancé samedi une campagne de frappes aériennes présentée comme "préventive" contre l'Iran, précisant que celle-ci devrait durer "plusieurs jours", alors que les médias officiels iraniens font état de nombreuses explosions à Téhéran et dans d'autres villes du pays.
L'armée israélienne et l'agence de presse iranienne Tasnim ont indiqué que l'Iran avait riposté en tirant plusieurs salves de missiles et de drones en direction d'Israël. Aucun dégât n'a été signalé pour le moment.
De nombreuses explosions ont été entendues dans le ciel de Doha ou d'Abou Dhabi mais les autorités du Qatar, des émirats arabes unis et du Koweït, qui hébergent des bases militaires américaines, ont dit avoir intercepté à cette heure tous les missiles qui visaient leur territoire.
Un missile semble en revanche avoir touché le quartier général de la Ve flotte américaine au Bahreïn, selon une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et des témoins.
Voici les réactions de la communauté internationale à cette offensive.
* EMMANUEL MACRON, PRÉSIDENT FRANÇAIS
"Le déclenchement de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran emporte de graves conséquences pour la paix et la sécurité internationale", a écrit Emmanuel Macron sur X.
"La France se tient prête à déployer les moyens nécessaires à la protection de ses partenaires les plus proches selon leur sollicitation.
L'escalade en cours est dangereuse pour tous. Elle doit cesser. Le régime iranien doit comprendre qu'il n'a désormais plus d'autre option que d'engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale.
Le peuple iranien doit aussi pouvoir construire son avenir librement. Les massacres perpétrés par le régime islamique le disqualifient et nécessitent que la parole soit rendue au peuple. Le plus tôt sera le mieux.
Fidèle à ses principes et consciente de ses responsabilités internationales, la France demande une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies."
* COMMUNIQUÉ CONJOINT D'EMMANUEL MACRON, DU CHANCELIER ALLEMAND FRIEDRICH MERZ ET DU PREMIER MINISTRE KEIR STARMER
"La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont constamment exhorté le régime iranien à mettre fin au programme nucléaire iranien, à freiner son programme de missiles balistiques, à s'abstenir de toute activité déstabilisatrice dans la région et dans nos pays, et à cesser les violences et la répression effroyables contre son propre peuple", écrivent les trois dirigeants européens dont les pays ("E3") ont signé l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.
"Nous n'avons pas participé à ces frappes, mais nous sommes en contact étroit avec nos partenaires internationaux, notamment les États-Unis, Israël et nos partenaires dans la région. Nous réaffirmons notre engagement en faveur de la stabilité régionale et de la protection des civils."
* SERGUEÏ LAVROV, MINISTRE RUSSE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Le chef de la diplomatie russe s'est entretenu au téléphone avec son homologue iranien Abbas Araqchi et a condamné une "attaque non provoquée contre l'Iran", selon l'agence Tass.
Son ministère avait appelé un peu plus tôt à un retour "à la voie d'un règlement politique et diplomatique".
* PEDRO SANCHEZ, PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT ESPAGNOL
"Nous rejetons l'action militaire unilatérale des États-Unis et d'Israël, qui représente une escalade et contribue à rendre l'ordre international plus incertain et hostile", a écrit Pedro Sanchez sur X.
"Nous rejetons également les actions du régime iranien et des Gardiens de la révolution. Nous ne pouvons nous permettre une nouvelle guerre prolongée et dévastatrice au Moyen-Orient.
Nous exigeons une désescalade immédiate et le respect total du droit international."
* KAJA KALLAS, HAUTE-REPRÉSENTANTE DE L'UNION EUROPÉENNE POUR LA POLITIQUE ÉTRANGÈRE
Evoquant des "développements dangereux", la cheffe de la politique étrangère de l'UE, Kaja Kallas, a déclaré que Bruxelles coordonnait ses efforts avec ses partenaires arabes afin d'explorer des voies diplomatiques.
Elle a dit s'être entretenu avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, et précisé que le réseau consulaire européen s'employait à faciliter le départ des ressortissants de l'UE qui le souhaitent.
"Le personnel non essentiel de l'UE est retiré de la région", a-t-elle déclaré.
MARK CARNEY, PREMIER MINISTRE CANADIEN
Mark Carney a déclaré que le Canada soutenait les États-Unis dans leurs "efforts visant à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire et à empêcher son régime de continuer à menacer la paix et la sécurité internationales".
SULTANAT D'OMAN, MÉDIATEUR ENTRE L'IRAN ET LES ÉTATS-UNIS
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr Albousaïdi, a déclaré que les négociations orchestrées par son pays entre l'Iran et les États-Unis étaient "une fois de plus compromises" par l'escalade actuelle.
"Cela ne sert ni les intérêts des États-Unis, ni la cause de la paix mondiale... J'exhorte les États-Unis à ne pas s'engager davantage dans ce conflit. Ce n'est pas votre guerre", a-t-il déclaré sur X.
* MINISTÈRE CHINOIS DES AFFAIRES ETRANGÈRES
Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé sa vive inquiétude concernant les frappes israélo-américaines menées sur l'Iran, appelant à un cessez-le-feu immédiat.
La souveraineté, la sécurité et l'intégrité territoriale de l'Iran, devraient être respecté, a déclaré le ministère chinois, appelant toutes les parties à éviter une escalade des tensions et à reprendre le dialogue et les négociations.
* NAWAF SALAM, PREMIER MINISTRE DU LIBAN
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a déclaré samedi qu'il n'accepterait pas que "quiconque entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité", adressant ainsi un message indirect au Hezbollah, groupe armé libanais soutenu par l'Iran.
Dans un communiqué, il a souligné la gravité de la situation dans la région et a appelé tous les Libanais à agir avec sagesse et patriotisme, en plaçant les intérêts du Liban et du peuple libanais au-dessus de toute autre considération.
Le Hezbollah a mené de nombreux conflits avec Israël depuis sa création en 1982.
Reuters a rapporté mardi qu'Israël avait averti le Liban qu'il frapperait durement le pays, ciblant les infrastructures civiles, notamment l'aéroport, si le Hezbollah s'impliquait dans une guerre entre les États-Unis et l'Iran.
* MINISTÈRE TURC DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Le ministère turc des Affaires étrangères a exprimé sa vive inquiétude et appelé toutes les parties à mettre fin immédiatement à leurs attaques.
Ankara a condamné toutes provocations qui pourraient mener à des violences supplémentaires.
* MINISTÈRE UKRAINIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
"La cause des événements actuels réside précisément dans la violence et l'impunité du régime iranien, en particulier les meurtres et la répression des manifestants pacifiques, qui se sont particulièrement généralisés ces derniers mois", a déclaré la diplomatie de Kyiv.
* DMITRI MEDVEDEV, VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ RUSSE
"Le prétendu artisan de paix s'est une fois de plus montré", a déclaré l'ancien président russe. "Toutes les négociations avec l'Iran ne sont qu'une façade. Personne n'en doutait. Personne ne souhaitait réellement négocier."
"La question est de savoir qui aura la patience d'attendre la fin ignominieuse de son ennemi. Les États-Unis n'ont que 249 ans. L'Empire perse a été fondé il y a plus de 2.500 ans. On verra dans 100 ans."
* VOLKER TURK, HAUT-COMMISSAIRE DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L'HOMME
"Je déplore les frappes aériennes sur l'Iran ce matin par Israël et les Etats-Unis, et les représailles iraniennes. Comme toujours, dans chaque conflit armé, ce sont les civils qui finissent par payer le prix fort."
"Pour éviter de terribles conséquences pour les civils, j'appelle à la retenue et implore toutes les parties à observer la raison, à la désescalade et à retourner à la 'table des négociations'", a-t-il ajouté.
* ESPEN BARTH EIDE, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE LA NORVÈGE
"Israël qualifie cette attaque de frappe préventive, mais elle est contraire au droit international. Une attaque préventive requiert une menace imminente et immédiate", a-t-il indiqué dans un communiqué transmis par courriel à Reuters.
Il a également appelé à la retenue et à la poursuite des efforts diplomatiques.
* KAROL NAWROCKI, PRÉSIDENT DE LA POLOGNE
"Grâce aux canaux que nous entretenons avec nos alliés et partenaires de coalition, nous étions au courant de l'action militaire menée par Israël et les États-Unis", a-t-il affirmé sur X.
(Bureaux de Reuters, compilé par Blandine Hénault, Tangi Salaün et Zhifan Liu)