RATP: la diversification s'amplifie, les filiales représentent désormais plus du tiers de l'activité information fournie par Boursorama avec AFP 31/07/2026 à 16:17
De Paris à Charleston, la diversification des activités de la vénérable Régie autonome des transports parisiens (RATP) lui vaut d'avoir désormais plus du tiers de son activité réalisée par ses filiales, tandis que la part de l’Établissement public historique se réduit, montrent les résultats semestriels publiés vendredi.
Au cours des six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires de la RATP s'est élevé à 4 milliards d'euros, en hausse de 1,6%. Sur ce total, les filiales ont contribué pour 38% contre 31% en juin 2025.
Le bénéfice net s'est quant à lui réduit, à 81 millions d'euros contre 153 millions en 2025, pénalisé par la baisse de la rentabilité opérationnelle des activités historiques.
La RATP explique cette baisse par des effets comptables qui avaient gonflé le résultat l'an dernier, par des cessions d'actifs qui réduisent mécaniquement le financement par Ile-de-France Mobilités, et par la compensation seulement partielle de l'inflation.
"On voit une transformation profonde du groupe", a déclaré Jean-Yves Leclercq, directeur stratégie, finance et performance durable du groupe lors d'une conférence de presse téléphonique, "l'an prochain, les filiales représenteront près de la moitié du chiffre d'affaires".
Cette tendance s'explique aussi bien par les contrats d'exploitation remportés à l'étranger (Charleston aux États-Unis) ou en province (Béziers) par la filiale RATP Dev, que par l'ouverture à la concurrence des bus en cours en Ile-de-France, avant celle des tramways prévue en 2030, puis celle des métros en 2040.
RATP Dev se prépare aussi à exploiter les lignes ferroviaires régionales autour de Caen à partir de mi-juillet 2027, après avoir remporté face à la SNCF l'appel d'offres d'ouverture à la concurrence de "l'étoile de Caen".
L'exploitation des lots de bus — que la RATP a remporté dans le cadre des appels d'offre lancés par Ile-de-France Mobilités (IDFM) — est réalisée par une autre filiale, RATP Cap Ile-de-France, où les salariés de l'EPIC historique sont progressivement transférés.
Sous l'effet de la sortie du périmètre des premières lignes de bus entre novembre 2025 et mai 2026, le chiffre d'affaires de l'EPIC RATP a baissé de 8% au premier semestre. Celui des filiales a, lui, crû de 23%.
Le recul de l'activité de l'établissement public, créé en 1948, est pour partie contrebalancé par la montée en charge des activités de gestion des infrastructures des nouvelles lignes de métro automatique Grand Paris Express confiées à la RATP.
Le résultat d'exploitation des filiales a grimpé de 30%, "porté par la performance des activités internationales en Italie, Afrique du sud et aux États-Unis, l'impact favorable de la cession des activités de bus touristiques à Londres en 2025, et la montée en charge de l'activité de RATP Cap Ile-de-France".
Avec l'ouverture à la concurrence, la région devient propriétaire des matériels roulants. L'EPIC a donc vendu ses bus et ces centres-bus à IDFM, même lorsque la RATP continue de les exploiter. Elle lui vendra plus tard ses tramways et métros.