Rallye: Le pari réussi de Baumel, au départ du Dakar moins d'un an après l'amputation d'une jambe information fournie par Reuters 01/01/2026 à 11:49
Mathieu Baumel a tenu sa promesse: moins d'un an après un terrible accident de la route qui a occasionné l'amputation de sa jambe droite, le copilote sera au départ samedi à Yanbu (Arabie saoudite) de la 48e édition du Dakar aux côtés du Belge Guillaume De Mevius (X-Raid Mini).
"C'est un petit exploit d'être au départ cette année. Je vais être le premier amputé à participer au Dakar dans une équipe de pointe", reconnaît-il auprès de Reuters.
"C'est incroyable d'être au départ et j'espère montrer à des personnes accidentées un peu d'espoir sur le fait de pouvoir faire de belles choses."
Quadruple vainqueur du célèbre rallye-raid avec Nasser Al-Attiyah en 2015, 2019, 2022 et 2023, le Français de 49 ans est effectivement passé proche de la mort en janvier dernier. Une dizaine de jours après sa 23e place sur le Dakar, pour sa première sur le siège passager de Guillaume De Mevius, Mathieu Baumel a été victime d'un violent accident de la route alors qu'il portait assistance à une voiture en panne.
Après une première opération de huit heures, deux jours de coma et alors que son coeur s’est arrêté deux fois de battre, il survit. Mais mi-février, il est contraint à l'amputation de sa jambe droite.
Il se donne tout de suite un objectif ambitieux : être au départ du prochain Dakar pour une 16e participation.
"C'était quelque chose, juste après l'accident, de peu probable d'après les dires des gens autour de moi et finalement, je suis très fier aujourd'hui d'avoir réussi à mener à bien ce défi", confie-t-il.
"Je croyais dur comme fer que ce serait possible. Après, ce serait mentir de dire que tous les jours sont fantastiques. Il y a forcément des jours où c'était un peu, voire beaucoup moins bien, que ce soit physique ou moral. Et c'est dans ces moments-là que le mental du sportif aide beaucoup pour réaliser son objectif, parce qu'on a besoin d'avoir quelque chose en ligne de mire."
COCKPIT RÉAMÉNAGÉ
Le natif de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence) a passé plus de six semaines au CHU de Reims avant de rejoindre un centre de rééducation. C'est fin juillet, six mois jour pour jour après son accident, que Mathieu Baumel retrouve sa place sur le siège passager de Guillaume De Mevius pour des tests.
"Je suis ressorti de là super content et très fatigué, en ayant mal à la jambe gauche", se souvient-il, en référence à son unique jambe qui, si elle n'a pas nécessité d'amputation, a également été très abimée.
Il a ensuite retrouvé la compétition en septembre lors d'un petit rallye au Portugal puis a enchaîné en Arabie saoudite début décembre. Autant de tests essentiels afin d'adapter la voiture à son handicap.
"Un cockpit réaménagé pour rentrer avec ma prothèse et des éléments qui vont me servir en cas de crevaison ou autre souci mécanique", détaille-t-il, dans une épreuve où les pistes saoudiennes sont piégeuses pour les pneumatiques.
"On est tous bien rassurés, moi le premier et je peux dire que tout est bien calé pour être performant."
Certaines inconnues demeurent, surtout sur la durée d'un Dakar qui comporte un prologue et 13 étapes sur 8.000 km, dont 4.840 km de secteurs chronométrés.
"Il y des inconnues mais c'est rassurant car tous les autres éléments, on les a bien travaillés depuis juillet. Il y aura quelques incertitudes sur mon physique sur les quinze jours mais il ne reste 'que' ça. Je sais que ça va être compliqué, fatigant, mais je suis prêt pour ça", ajoute-t-il.
Si le premier pari est réussi, Mathieu Baumel pense déjà à la suite.
"Le premier rêve, l'aboutissement serait de gagner au moins une spéciale", admet-il. "Une place dans les cinq premiers (au général) serait quelque chose d'extraordinaire et ensuite, plus tard, regagner le Dakar serait incroyable."
(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Blandine Hénault)