Rachat de SFR: les opérateurs tentent de rassurer sur les prix et l'emploi
information fournie par Boursorama avec AFP 08/06/2026 à 11:06

( AFP / EMMA DA SILVA )

Les trois opérateurs français qui se sont alliés pour racheter SFR ont tenté lundi de répondre aux craintes que cette transaction affaiblisse la concurrence, au risque de faire monter les prix, et se traduise par des suppressions d'emplois.

Après des mois de négociations, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange se sont mis d'accord samedi soir avec Altice France pour racheter SFR pour 20,35 milliards d'euros, une transaction sans précédent devant encore être avalisée par les autorités de la concurrence qui devraient être saisies cette semaine.

"Cette transaction et la valeur créée par cette transaction ne viennent absolument pas d'hypothèses de prix qui augmenteraient", a assuré lundi Christel Heydemann, directrice générale d'Orange, lors d'une conférence téléphonique.

Selon elle, son groupe, numéro 1 des télécoms en France, devra assurer la migration des abonnés SFR sur son réseau et maintenir, voire améliorer, la qualité de ses services pour fidéliser ses clients existants.

"On est évidemment déterminés à gagner, à rester leader en France, et donc la concurrence entre les trois opérateurs restera à l'issue de cette transaction aussi intense qu'elle l'a été par le passé", a-t-elle soutenu, estimant que cette opération allait renforcer ses concurrents sur le volet des services aux entreprises.

Iliad (Free) a fait écho à cette position.

"On va avoir d'autant plus de moyens, d'autant plus de moyens financiers pour investir, afin de se différencier. (...) Moi, j'ai la conviction que cette opération va renforcer la concurrence", a affirmé son directeur général, Thomas Reynaud.

Aux termes de l'opération, les trois opérateurs se sont engagés à maintenir les 8.000 emplois concernés par le rachat jusqu'à début 2029 mais l'incertitude demeure sur la suite.

"Les collaborateurs chez SFR sont inquiets et on tient évidemment à les rassurer", a estimé Christel Heydemann. "Je le redis, notre angle sera d'engager les collaborateurs parce qu'on va devoir les motiver, les retenir parce que le travail à faire (...) pour la migration des réseaux est colossal", a-t-elle ajouté.

"Au-delà de 2029, moi j'ai envie de vous dire que ce qui est important, c'est d'accompagner ces transitions de manière responsable et c'est ce que l'on fera, comme on l'a toujours fait", a pour sa part déclaré M. Reynaud, chez Iliad.

Du côté de Bouygues Telecom, Edward Bouygues, directeur général délégué du groupe Bouygues, a lui aussi souligné qu'"une attention particulière serait apportée aux aspects sociaux de la transaction, en particulier l'emploi".