Quand Christophe Gleizes racontait le foot de rue en Afrique du Sud
information fournie par So Foot 10/04/2026 à 13:55

Quand Christophe Gleizes racontait le foot de rue en Afrique du Sud

Ce samedi, le RC Lens exprime son soutien à Christophe Gleizes à travers un match amical contre Rouen. Notre ami et confrère, aujourd’hui détenu dans une prison en Algérie, racontait en 2019 dans le magazine So Foot l’amour du dribble et du foot de rue en Afrique du Sud. Un folklore qui porte un nom, le kasi flava , soit « le goût du township », et qui est aujourd’hui dans le viseur des plus hautes instances du pays.

Retrouvez toutes les infos et la billetterie pour le match Lens-Rouen, ainsi que la pétition pour soutenir Christophe Gleizes dans son combat judiciaire.

Pour commémorer un événement tragique, certains optent pour le recueillement, les discours officiels et les minutes de silence. D’autres préfèrent le protocole des défilés militaires. Dans les allées à la fois dangereuses, vivantes et colorées du célèbre township de Soweto, à 20 kilomètres au sud-ouest de Johannesburg, on voit les choses différemment. Créés dans les années 1930 par des lois ségrégationnistes, ces quartiers sont l’apanage de la communauté noire et le cœur battant de la nation. « En matière politique ou sociale, c’est nous qui donnons le ton ! On a coutume de dire que si quelque chose marche à Soweto, ça marche dans tout le pays » , assure Reggie Moloi, un sexagénaire aux lunettes rondes et au visage carré. Il fait partie des organisateurs d’un tournoi de football étalé sur quinze jours, dont l’objectif est d’honorer les mémoires des 570 étudiants qui ont perdu la vie lors des émeutes de juin 1976. « J’y ai participé. À l’époque, j’étais au lycée . Le gouvernement a voulu nous imposer l’afrikaans comme langue officielle à l’école, mais on leur a fait comprendre que nous en avions assez. » Le 16 juin, répondant à l’appel du Mouvement de la conscience noire, près de 20 000 étudiants se soulèvent et affrontent les forces de l’ordre à coups de pierres. La journée se termine dans un bain de sang. « Les policiers ont tué beaucoup de mes camarades, d’autres ont été arrêtés ou sont partis en exil , regrette Reggie . Mais c’est un événement qui, sur le long terme, a contribué à la fin de l’apartheid. C’est pourquoi il est important de rendre hommage à cette jeunesse sacrifiée. »

Tous propos recueillis par CG. Tiré du SF n°168

Par Christophe Gleizes, à Johannesburg en 2019 pour SOFOOT.com

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