Pyongyang promet de réactiver ses haut-parleurs à la frontière avec Séoul
information fournie par Reuters 22/10/2026 à 09:51

par Kyu-seok Shim

La Corée du Nord fera, d'ici quelques jours, refonctionner des haut-parleurs dirigés vers la Corée du Sud tout le long de la frontière, a déclaré jeudi Kim Yo Jong, l'influente soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Elle a également menacé Séoul de "la situation la plus horrible et la plus angoissante" si la Corée du Sud persiste dans ce que Pyongyang qualifie d'ingérence dans les affaires intérieures de la Corée du Nord.

L'arrêt, de part et d'autre de la frontière, de la diffusion de musique - Séoul ayant longtemps irrité Pyongyang avec de la K-pop - et d'informations par des hauts-parleurs avait été considéré comme une victoire diplomatique pour le président sud-coréen Lee Jae Myung peu après son entrée en fonction en juin 2025.

Les deux Corées sont séparées par une zone démilitarisée (DMZ) établie après la fin de la guerre de Corée (1950-1953), qui s'est terminée par un simple armistice et non un traité de paix.

Depuis 2024, la Corée du Nord renforce son côté de la DMZ à l'aide de mines, de barrières et de clôtures, cherchant à établir ce qu'elle qualifie de frontière permanente avec la Corée du Sud.

Et malgré ce qui avait paru comme un apaisement des tensions avec l'arrêt de l'utilisation des hauts-parleurs, Pyongyang refuse de reprendre le dialogue avec Séoul et qualifie désormais la Corée du Sud d'État hostile.

LETTRE DE SÉOUL AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L'ONU

Kim Yo Jong a précisé que des unités tactiques nord-coréennes avaient pris de nouvelles positions, tout en accusant les troupes sud-coréennes d'avoir diffusé des messages d’avertissement et tiré des coups de semonce à plusieurs endroits près de la frontière.

La Corée du Sud a dit pour sa part que ces coups de semonce avaient été tirés à titre de "mesures légitimes et défensives". Mardi, le gouvernement sud-coréen a dit qu'il apporterait une réponse ferme si la Corée du Nord mettait à exécution ses menaces de renforcer son dispositif militaire le long de la frontière,

Kim Yo Jong a également dit que les troupes nord-coréennes "élimineraient sans pitié" les forces sud-coréennes si les tirs d'avertissement causaient des dommages au territoire ou au personnel nord-coréens.

L'armée sud-coréenne et le ministère de la Réunification ont exhorté la Corée du Nord à revenir à la table des négociations pour résoudre leurs différends.

La Corée du Sud affirme que des mines nord-coréennes posées dans le cadre de ses activités de fortification dans la zone démilitarisée ont provoqué le mois dernier une explosion qui a gravement blessé deux soldats.

La Corée du Nord nie toute responsabilité, qualifiant cet incident de mensonge sud-coréen.

Le ministère des Affaires étrangères de Séoul a dit ce jeudi qu'il adresserait une lettre au Conseil de sécurité de l'Onu affirmant que l'explosion a été provoquée par des mines posées par la Corée du Nord et qu'elle constitue une violation de l'armistice.

Cette lettre exige des excuses de la part de Pyongyang et appellera au dialogue afin d'éviter toute escalade, a précisé un porte-parole du ministère lors d'un point presse.

(Kyu-seok Shim, Jack Kim et Joyce Lee, version française Benoit Van Overstraeten, édité par Jean-Stéphane Brosse)